mercredi 10 février 2010

Embarquement immédiat !


Après avoir annoncé 600 000 gardes à vue pour l’année 2009, le ministère de l’Intérieur admet aujourd’hui que c’est en fait 800 000 gardes à vue qui ont été réalisées. Il avait juste « omis » les gardes à vue pour délits routiers.

Étonnant ? « On peut penser qu’il y a eu une volonté de dissimulation, pour éviter d’afficher une augmentation globale trop importante », affirme Matthieu Bonduelle, secrétaire général du Syndicat de la magistrature. Et encore, on ne compte pas les DOM-TOM ! Les gardes à vue sont pourtant de plus en plus contestées : trop nombreuses, avec trop d’irrégularités... Ainsi, les avocats sont déterminés à poursuivre leur combat pour une plus grande présence de la défense pendant la garde à vue, à l’occasion notamment de la réforme constitutionnelle entrant en vigueur le 1er mars. La banalisation de l’usage des gardes à vue est liée à la culture de la performance, largement pratiquée par la police.

mardi 9 février 2010

Togo : une nouvelle mascarade en perspective pour la présidentielle

Dans la perspective de l’élection présidentielle, les organisations signataires appellent l’Union européenne et la France à ne pas cautionner une élection qui ne serait pas démocratique et transparente et à prendre des mesures afin de prévenir toute dérive violente du régime en cas de contestations.

Depuis la mort, en 2005, du général Eyadéma resté 42 ans au pouvoir, les Togolais sont appelés aux urnes pour la deuxième fois. La précédente élection, en avril 2005, avait intronisé Faure Gnassingbé (fils du précédent), à l’issue d’un coup d’Etat électoral et d’une répression féroce, faisant selon l’ONU entre 400 et 500 morts et environ 40 000 réfugiés.

La signature, en août 2006, sous la pression de la communauté internationale, d’un Accord politique global (APG) avec les principales formations politiques, avait permis la reprise de la coopération de l’Union européenne, suspendue depuis 1992 pour « déficit démocratique ». Jusqu’ici, aucune des réformes préconisées par l’APG n’a vu le jour. En outre quasiment aucune mesure n’a été prise par le régime pour poursuivre les auteurs des crimes commis en 2005, à part la création en février 2009 d’une Commission vérité, justice et réconciliation qui pour le moment n’a pu travailler ni mener à bien sa mission.

C’est ce même régime qui organise aujourd’hui l’élection présidentielle. Or celui-ci met tout en œuvre afin que Faure Gnassingbé se maintienne au pouvoir. En effet, les conditions d’organisation du scrutin n’offrent manifestement pas toutes les garanties d’une élection démocratique et transparente avec :

- une Commission électorale (CENI) et une Cour constitutionnelle acquises au régime qui, pour des motifs fallacieux et sur ordre du régime, a écarté un des principaux concurrents à la magistrature suprême ;
- un scrutin uninominal majoritaire à un tour, à l’avantage de Faure Gnassingbé qui peut ainsi être élu sans bénéficier de la majorité des suffrages exprimés [1] ;
- une révision des listes électorales bâclée et un fichier électoral fortement contesté ;
- des achats de voix observés.

A cela s’ajoute une dérive autoritaire et sécuritaire du régime à l’approche du scrutin avec :

- une recrudescence des intimidations afin de créer un climat de peur au sein de la population ;
- la nomination du major Kouloum Bilizim à la tête de la milice des Groupes de réflexion et d’appui au parti RPT (GRAP) alors qu’il est cité dans plusieurs rapports comme instigateur et présumé auteur de nombreux actes de violences en 2005 [2] ;
- la nomination du Lieutenant-colonel de gendarmerie Yark Damehane à la tête de la Force Sécurité Election présidentielle 2010 (FOSEP) alors que, selon un témoignage, cet officier “ a dirigé les séances de torture au cours des interrogatoires [pendant la répression de 2005] [3].

L’UE, principal financeur de l’élection dans le cadre d’un “ Projet d’Appui aux Processus Electoraux ” (PAPE), porte une grande responsabilité dans l’organisation et la supervision de celle-ci mais aussi dans les risques de dérive sécuritaire. En effet c’est également elle qui finance le volet « sécurisation de l’élection », mis en œuvre par l’Agence Française de Développement (AFD). En formant et en organisant l’équipement de la FOSEP, la France, indéfectible soutien politique et policier de la dictature Eyadéma depuis plus de 40 ans, conforte quant à elle une position pour le moins trouble.

Les organisations signataires appellent donc l’UE :

- à prendre les mesures nécessaires auprès des autorités togolaises afin de garantir une élection libre, démocratique et transparente, et en cas contraire de suspendre sa coopération ;
- à renforcer les moyens du contingent des 130 observateurs afin d’assurer une observation crédible des 6 000 bureaux de vote ;
- à exiger la révocation du major Kouloum Bilizim et du Lieutenant-colonel Yark Damehane.

En outre, les organisations signataires exigent des autorités françaises :

- qu’elles s’impliquent véritablement dans l’organisation d’une présidentielle démocratique et transparente, et non pas seulement dans sa supervision et sa “ sécurisation ” ;
- qu’elles suspendent toute coopération, bilatérale et multilatérale dans le cadre du PAPE, avec les organes de police et de gendarmerie (notamment la FOSEP) dès lors qu’ils seraient manifestement impliqués dans des violations des droits de l’Homme ;
- qu’elles dénoncent et condamnent toute dérive violente du régime, si tel était le cas.

L’élection présidentielle togolaise constitue une occasion pour les autorités françaises de rompre avec une politique de validation d’élections frauduleuses ou de prise de pouvoir anti-démocratique comme elles l’ont fait durant l’année 2009 avec le coup d’Etat à Madagascar, l’élection d’un putschiste en Mauritanie, l’élection présidentielle truquée au Congo Brazzaville, le coup d’Etat électoral au Gabon ou encore le coup d’Etat constitutionnel au Niger.

Cette année 2010, durant laquelle les autorités françaises entendent achever la rénovation des relations entre la France et l’Afrique, ne peut s’ouvrir sur une nouvelle validation d’un coup d’Etat électoral au Togo.

Contact presse : Survie : Stéphanie Dubois de Prisque. Tél : 01 44 61 03 25. stephanieduboisdeprisque(a)survie.org

Signataires : Cédétim, Mouvement de la paix, Peuples solidaires, Survie, le Collectif de solidarité avec les luttes sociales et politiques en Afrique (Assez de coup d’Etat, Afrique en luttes (NPA), Cédétim, Fédération des Congolais de la Diaspora (FCD), Les Verts, Survie, Union des Populations du Cameroun (UPC)).

[1] Bien qu’accepté par les forces politiques d’opposition, ce mode de scrutin est contraire aux dispositions de l’accord politique global du 20 août 2006.

[2] Rapports de l’ONU, de la FIDH, de la Ligue togolais des droits de l’Homme (LTDH).

[3] Rapport de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) présenté au Comité contre la torture des Nations unies en mai 2005

Hôpital de Carhaix : comme en 2009, la vengeance d'état continue en 2010


Encore un défenseur de l'hôpital convoqué par la justice.

Après les six relaxés en mars dernier qui seront rejuger le parquet ayant fait appel et avant un autre jugement le 12 avril pour 3 autres, l'année répression 2010 commence dès vendredi par la convocation de Johan au motif qu'il dispose d'un klaxon américain... dans une voiture américaine !

Il ne s'agit pas de justice mais bien de vengeance de la part de l'état qui a perdu devant le peuple, qui a perdu devant le tribunal Administratif qui instrumentalise la justice à des fins pas très ragoutantes. Créer la peur chez ceux qui défendent leurs emplois, leurs services publics, plus généralement tous ceux qui défendent l'intérêt général...


Tous à Quimper vendredi 12 février
10h00 au tribunal de proximité
Créach Gwen, 77 rue du Président Sadate


Article du télégramme :

Dans un communiqué, le comité de vigilance de l'hôpital de Carhaix invite la population à «venir soutenir Johan Couery», convoqué vendredi, à 10h, au tribunal de proximité de Quimper, à Creac'h Gwen, 77, rue du Président-Sadate, suite aux différentes manifestations du printemps 2008 pour le maintien des services de maternité et de chirurgie de l'hôpital de Carhaix. Cet appel est relayé par Christian Troadec et la municipalité. «Johan Couery a agi de manière pacifique pour la défense de notre territoire et l'accès aux soins pour tous», écrit le maire de Carhaix. «Dans un souci d'apaisement», le comité de vigilance demande la relaxe du jeune Carhaisien et «la fin des tracasseries judiciaires».

Source : http://letelegramme.com/local/finistere-sud/chateaulin-carhaix/carhaix/hopital-manifestant-convoque-appel-a-manifester-vendredi-09-02-2010-776038.php
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Communiqué de presse du NPA Kreiz Breizh : non à la répression des défenseurs de l'hôpital


"Le NPA Kreiz Breizh appelle tous ces militants, sympathisants, ainsi que l'ensemble de la population centre bretonne à se déplacer en masse pour soutenir Johan Couery.

Johan s'est mobilisé pour qu'en centre Bretagne, la population puisse naitre, se soigner et travailler au pays.

Comme tant d'autres, il s'est mobilisé pour dénoncer la dangerosité de l'arrêté Perrin commandé par Roselyne Bachelot et le ministère de la santé.

La justice lui a donné raison le 25 juin 2008 en suspendant cet arrêté et en ordonnant la réouverture des service de chirurgie et de maternité de l'hôpital de Carhaix.

Tout aurait dut s'arrêter là. Mais un état revanchard, vexé de s'être fait dicter sa conduite par la rue s'acharne aujourd'hui sur une poignée de défenseurs de l'hôpital.

Tous aux cotés de Johan convoqué vendredi, à 10h,
au tribunal de proximité de Quimper,
à Creac'h Gwen, 77, rue du Président-Sadate."

Denis Robert : "On a occulté la véritable affaire Clearstream"

PROPOS RECUEILLIS PAR SIMON PETITE

International INTERVIEW - Auteur de nombreuses enquêtes sur la société Clearstream, le journaliste Denis Robert s'est retrouvé pris dans le procès à grand spectacle mettant aux prises Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin.
Jeudi 28 janvier, l'ancien premier ministre français Dominique de Villepin est relaxé par le tribunal correctionnel de Paris dans le procès Clearstream. La date marque l'épilogue – provisoire puisque le parquet a décidé de faire appel – d'une affaire de dénonciation calomnieuse visant toute une série de personnalités françaises, dont le président français Nicolas Sarkozy. L'arme du délit? Des listes trafiquées de comptes de la société luxembourgeoise Clearstream. Premier journaliste à s'être intéressé à cette chambre de compensation, courroie de transmission entre les banques du monde entier, Denis Robert s'était procuré les listings avant qu'ils soient manipulés. Poursuivi, il a été blanchi au nom de la liberté d'informer.


Quelle a été votre première pensée à l'annonce du verdict?

J'ai d'abord pensé à tous les gens qui se sont fait du souci pour moi. Ces trois dernières années, j'ai reçu d'innombrables messages de soutien. Les gens s'inquiétaient qu'en France un journaliste puisse être poursuivi pour avoir fait son travail. Personnellement, j'étais plutôt confiant. Clearstream me poursuit depuis tellement d'années que je me suis habitué à ce régime de défaveur.


Pourquoi vous êtes-vous retrouvé sur le banc des accusés?

Parce que Clearstream a porté plainte pour recel de vol et d'abus de confiance. Je venais de démontrer dans un livre – Clearstream, l'enquête – que les listings utilisés entre autres contre Sarkozy avaient été trafiqués et qu'il n'y avait pas eu pénétration informatique. Ce livre disculpait entièrement Clearstream en indiquant l'origine des listings. Ils auraient dû me remercier. Au lieu de ça, leur avocat a déposé cette plainte indiquant que les documents avaient été volés. Le tribunal a finalement reconnu que j'avais acquis les listings dans le cadre d'un «travail d'enquête journalistique sur la société Clearstream et sur le blanchiment international, sujet d'intérêt général». Je ne pouvais espérer meilleur jugement pour moi et pour la profession de journaliste.


Comment vous êtes-vous procuré les listings de comptes de Clearstream?

Fin 2001, Florian Bourges, qui travaillait chez Arthur Andersen et qui participait à un audit sur Clearstream, m'a contacté anonymement par téléphone parce qu'il voulait dénoncer les pratiques de Clearstream. Le jugement indique qu'il avait accès «à des données permettant de faire ressortir des anomalies susceptibles, à ses yeux, de masquer des pratiques suspectes». Ce n'est pas moi qui le dis mais les magistrats. Lors de son audit, Florian Bourges avait vu les pannes informatiques à répétition que je décrivais dans mon enquête. Sa hiérarchie ne voulait pas prendre en compte ses remarques pour ne pas déplaire à leur client. Les documents qu'il m'a donnés étaient authentiques. Ils ont été manipulés plus tard.


Que prouvent ces listings?

Ils sont très instructifs. Ils montrent que Clearstream a ouvert plus de six mille comptes dans quarante et un paradis fiscaux. Ils montrent aussi que ces clients ne sont pas que des banques. On trouve quelques particuliers, des multinationales, des sociétés aux patronymes douteux. Le listing de plus de trente-trois mille comptes permet de cartographier la finance mondiale et de délimiter des circuits ou des territoires disons parallèles.


Regrettez-vous de n'avoir pas gardé ces fichiers, ce qui aurait évité qu'ils finissent dans de mauvaises mains?

Non. Je les ai utilisés dans mon livre La boîte noire et dans mon dernier film. Ensuite, j'en ai donné une copie à une vingtaine de journalistes, à des experts ou à des politiques. C'était pour me défendre dans les procès que me faisaient Clearstream. Je travaillais aussi à un documentaire et j'avais besoin d'expertises. Imad Lahoud (reconnu comme le falsificateur des listings, ndlr) m'avait été recommandé par un ami journaliste. Il était trader à l'époque. J'ai toujours fait preuve d'une grande prudence avec lui et je n'ai jamais utilisé ses informations. Nos échanges de mails ou de sms le prouvent et sont accablants pour lui.


Quels enseignements tirez-vous de ce procès hors normes?

Jamais l'appareil d'Etat n'a été autant instrumentalisé au service d'intérêts privés, d'ambitions et de haines personnelles. Les médias, les services de renseignements et la justice ont joué le jeu de cette guerre entre Sarkozy et Villepin. Occultant la véritable affaire Clearstream. Les conseils de la firme ont su habilement créer un amalgame J'aurais eu moins de soucis si on avait parlé de l'affaire Dominique de Villepin. Je n'avais rien à voir avec les fichiers trafiqués. La justice aurait dû s'en rendre compte avant. Clearstream a tiré profit de cette situation en m'associant aux falsificateurs. Jusqu'en 2006, dans les procès en diffamation, je menais largement aux points. A cause de cette affaire de listings truqués, la tendance s'est inversée. Maintenant les pendules sont enfin remises à l'heure.


Il y a, selon vous, deux affaires Clearstream.

Les médias français ont été obnubilés par le combat entre Villepin et Sarkozy. Cela fait partie du cirque médiatique. Le paradoxe est que depuis des mois, je suis de plus en plus sollicité par des journalistes, des politiques ou des économistes étrangers. Tous ces gens se fichent de Sarkozy et de Villepin. Ils s'intéressent à la vraie affaire Clearstream et veulent comprendre comment fonctionne la chambre de compensation. Car la régulation du capitalisme passe par le contrôle de ces sociétés. J'en suis convaincu. Et je suis de moins en moins seul à l'être.


Mais ce procès ne s'est jamais transformé en procès de Clearstream.

Non et c'est normal. Sauf peut-être lors des premiers jours d'audience quand le PDG de Clearstream a fait une révélation stupéfiante. Il a admis à la barre avoir payé 16 millions d'euros un audit qui, de son propre aveu, n'a servi à «rien». Contrairement aux promesses, ce rapport n'a jamais été rendu public. Soit il était trop complaisant, soit il contenait des révélations dérangeantes pour Clearstream. Plusieurs avocats ont plaidé le fait que Clearstream avait ainsi acheté le silence de leurs auditeurs. Désormais, plus personne n'ignore ce qu'est Clearstream. Ils ont essayé de me mouiller dans cette histoire de fichiers manipulés. Le jugement me donne 100% raison. Aujourd'hui, Clearstream, c'est l'arroseur arrosé.

Vous avez cité comme témoin l'ancien procureur genevois Bernard Bertossa. Que cherchiez-vous à montrer?

Bernard Bertossa est d'abord un ami. Il m'a toujours soutenu dans mon travail. Il a été l'un des premiers à percevoir l'intérêt de Clearstream, alors que les magistrats français ne comprenaient rien à la compensation bancaire. Nous avions lancé ensemble en 1996 l'appel de Genève, qui plaidait pour une plus grande coordination judiciaire contre le crime organisé. Il aurait pu à la barre rappeler cela. Le procès tombait en même temps que ses vacances. Je n'ai pas insisté. I




«Créer une police financière européenne ou mondiale»

SIMON PETITE



Après toutes ces années d'enquêtes, comment définiriez-vous vraiment Clearstream?

Denis Robert: Si je vous dis ce que je pense, je me prends un procès. Je peux le gagner, mais je n'ai pas envie d'ennuyer votre journal. Disons que c'est un outil indispensable à la circulation des flux financiers au niveau planétaire. De tous les flux. Les chambres de compensation sont à la fois un carrefour, une station de péage et une tour de contrôle sur les autoroutes de la finance. Elles fonctionnent comme les autoroutes. Si on veut surveiller la circulation des valeurs, il faut mettre des radars et des gendarmes au bord des principaux axes.


Clearstream, c'est fini pour vous?

J'ai encore quatre procès en France et un au Luxembourg. Le jugement de cette semaine change la donne. Je suis fatigué de tout cela, mais je suis sans arrêt sollicité par des journalistes. Clearstream fait peur car elle communique beaucoup sur ses plaintes contre moi. Ce serait bien que d'autres prennent le relais. Je suis curieux de savoir ce que contient le fameux audit de 16 millions. En même temps, j'ai toujours eu une vie en dehors de Clearstream. J'ai su sans trop de douleur résister à la pression. N'oubliez jamais que ce sont eux qui déposent des plaintes contre moi. Jamais l'inverse. Là aussi, ça pourrait changer maintenant.


La lutte contre les paradis fiscaux est devenue l'une des priorités internationales. Est-elle sincère?

Il y a beaucoup de bruit et de «com» pour peu de chose. Il faudra peut être attendre la prochaine crise. Avec la dette de la Grèce, du Portugal ou de l'Espagne, ça ne saurait tarder... Ceci dit, il y a des évolutions. Angela Merkel a ouvert la voie en achetant le listing de Vaduz. Elle a compris qu'il fallait utiliser les mêmes méthodes que les fraudeurs et les criminels pour vaincre. Il y avait la même volonté affichée chez Barack Obama. Le problème est que ses principaux conseillers viennent de chez Goldman Sachs. Les banques d'affaires ont su s'en sortir et sauver leurs plus gros clients. Certaines places financières tanguent – les Suisses sont bien placés pour le savoir –, mais les mauvaises habitudes des banquiers et des traders n'ont pas disparu. La crise de 2008 n'a pas suffisamment servi de leçon.


Quelles seraient les solutions pour mieux contrôler la finance?

Les listes noires et grises du G20 étaient une plaisanterie. Les solutions sont simples. Il faut interdire aux banques d'ouvrir des filiales ou des comptes dans les paradis fiscaux et prévoir des amendes salées pour les contrevenants. Pour cela, il faudrait créer une police financière européenne ou mondiale, car cela ne sert à rien qu'une banque stoppe ses opérations au Luxembourg si elle les transfère le lendemain dans les îles Caïmans. On retombe sur la problématique de l'appel de Genève. Le problème est politique.


Que reste-t-il de cet appel de Genève?

Des souvenirs. L'Europe reste sous la coupe des nations jalouses de leurs prérogatives. Dans certains pays, il y a une volonté plus forte de supprimer les paradis fiscaux. Mais tant que l'Europe demeurera si libérale, on n'arrivera à rien. On vit sur un mythe. Comme si après avoir épuisé les réserves financières de la Terre, on allait ensuite emprunter de l'argent sur Mars.
PROPOS RECUEILLIS PAR SPE

Du beau monde aux chasses présidentielles....


Vendredi dernier, se tenait à Chambord une chasse présidentielle : petit-déjeuner, dîner au château, cérémonie du tableau de chasse avec garde républicain en grande tenue et flambeau à la main, pour une trentaine d’invités.

Sarkozy se prend-il pour Louis XIV ? Même pas sûr. Albert Frère, Martin Bouygues, Serge Dassault : la liste des invités dit bien l’objet véritable de ces chasses pour Sarkozy, à savoir offrir – avec l’argent public – un dîner amical aux capitalistes au profit de qui il gouverne, et qui ne dédaignent pas, eux aussi, lui offrir de menus cadeaux, sous forme de croisières ou de vacances de rêve.

Communiqué LO 09/02/2010

"C'est parti", Besancenot héros de cinéma malgré lui

Un film sur la naissance du NPA.....dans les salles à partir du 10 février !

C'EST PARTI un film de Camille de Casabianca. Sortie en salles le 10 février 2010.


Pendant plusieurs mois, Camille de Casabianca a suivi au plus près la naissance du Nouveau parti anticapitaliste (NPA). Résultat : un documentaire passionnant, cocasse, instructif… En haut du casting, un certain Olivier Besancenot.

Mais d'abord, une scène marquée par un peu d'humour et beaucoup de tristesse, à moins que ce ne soit l'inverse… Des filles et des garçons vident leurs bureaux. Sous des piles de vieux journaux et dossiers poussiéreux, ils retrouvent des traces d'un passé révolu.

Comptes-rendus antédiluviens, notes éparses. Un type raconte : « Y a des trucs qui croupissent ici depuis vingt-cinq ans. ». Plus le temps de faire le tri : les vieilleries passent par la fenêtre et atterrissent dans une gigantesque benne postée sur le trottoir.

Krivine, Besancenot, Weber… disent adieu à un monde ancien

La scène se situe à Montreuil. Et ceux qui font le vide pour cause de déménagement sont les permanents de la Ligue Communiste Révolutionnaire, auto-dissoute pour donner naissance au NPA, le Nouveau parti anticapitaliste.

Bientôt, des visages familiers apparaissent. Les plus connus ? Ceux d'Alain Krivine et Olivier Besancenot. L'ancien et le moderne, se retroussant les manches de concert pour que le processus de rénovation suive son cours. Pas une mince affaire.

D'un meeting à la Mutualité à l'université d'été à Port-Leucate en passant par un débat musclé à la fête de l'Huma (guest star : Henri Weber, ex de la Ligue reconverti en inconditionnel de la realpolitik), on croise des anonymes, sympathisants de la première ou de la nouvelle heure, et des personnalités historiques du mouvement. Daniel Bensaïd, décédé il y a peu, ou Pierre-François Grond, la figure montante.

Le film enregistre les grandes résolutions et les petits tracas des uns et des autres. Le trivial se mêle à l'idéologie. La crise de rire à la prise de tête. (Voir la bande annonce).

Un film d'entreprise ? Une fiction militante ? Deux fois non. Si Camille de Casabianca, la réalisatrice, a incontestablement de la sympathie pour ceux qu'elle observe (« Je ne sais pas faire de films sur des gens dont je me paie la fiole », dit-elle), « C'est parti » ne s'abîme jamais dans les ornières du docu pédago-partisan.

Pour la réalisatrice, une démarche de proximité, mais pas complaisante

Les responsables de la Ligue ont accepté le principe du film, laissé la cinéaste musarder où elle le voulait. Le résultat ne cherche en aucun cas à « vendre » (ou à salir) les couleurs new-look du trotskisme.

Ce qu'enregistre la documentariste est bien plus universel, drôle et passionnant : comment vit un groupe ? Comment rénover une vieille maison ? Comment imposer de nouveaux visages ? Comment résister, aussi, à la starisation du leader ?

Dépourvu de tout commentaire, le film renseigne sur les difficultés de cette gauche-là et, plus généralement, raconte avec un humour ravageur les inévitables tensions agitant une communauté au travail (parti politique, journal, club de foot, en l'occurrence peu importe).

Besancenot donne à voir l'ambivalence de son statut au sein du NPA

La caméra furette partout, parvient à se faire oublier et enregistre des crispations instructives. Ainsi cette scène, qui tombe à pic vu les polémiques du moment, où une nouvelle recrue interroge le NPA sur ses positions vis-à-vis de la religion et du voile. Et essuie une volée de bois vert (de bois rouge) de la part d'une militante fidèle aux racines ultra-laïques de la LCR.

Mais le plus passionnant est niché côté Olivier Besancenot… Il n'est qu'un personnage parmi d'autres de « C'est parti », mais le film, en creux, donne à voir l'ambivalence de son statut dans l'organisation.

Important meeting à venir… Les leaders du NPA cherchent à convaincre Besancenot d'y apparaître. Ce dernier freine des quatre fers. Semble redouter son instrumentalisation au sein même du parti.

Le postier Besancenot aux camarades permanents : « Mais je bosse, moi ! »

Le ton monte. Besancenot évoque son emploi du temps surchargé. Se fâche contre ses potes qui usent de stratagèmes tordus pour parvenir à leurs fins. « Vous me demandez de faire un boulot de merde. »

Un peu plus tard, il lâche même un historique « Mais je bosse, moi ! », en référence à ses activités de postier, comparé à l'emploi du temps de ses permanents de camarades. Ambiance.

Dur, pour l'un, d'échapper à la personnalisation. Dur, pour les autres, de ne pas titiller la touche people quand on a en magasin un type jeune, sympathique, excellent dialecticien. Le film, parmi ses nombreuses richesses, donne à voir ces ambiguïtés-là. Franchement captivant.

Par Olivier de Bruyn - Rue 89 - 8 Février 2010

C'est parti de Camille de Casabianca - en salles le 10 février

lundi 8 février 2010

Crise : l'heure de vérité se rapproche


L’effondrement des Bourses les 4 et 5 février derniers a montré que la crise entrait dans une nouvelle phase. L’automne 2008 avait vu le paroxysme de la crise financière et, dans la foulée, sa transmission à l’économie réelle. Cependant, après une chute phénoménale en 2009 du PIB américain de – 2,4% (sans véritable précédent depuis la grande crise), on avait cru pouvoir noter un redressement, vite baptisé «sortie de crise». Illusion: l’économie mondiale était en état de lévitation, touchant à peine le sol, portée à bouts de bras par un soutien public d’une extraordinaire ampleur. Laissant filer les déficits, se portant au secours des banques, mettant en œuvre des plans de soutien, les déficits publics ont atteint d’incroyables niveaux: 10 % du PIB aux Etats-Unis, 8% en France, plus de 12% au Royaume-Uni. Du coup, l’endettement public a crevé tous les plafonds, atteignant 85% du PIB aux Etats-Unis ou 76% en France.

Comme dans un match de rugby on se refile un ballon qui brûle les mains, ainsi a-t-on transformé le surendettement des ménages américains en surendettement des Etats. Quand un débiteur s’avère incapable de faire face aux échéances, il n’y a que deux façons de s’attaquer à la dette en suspens: la transférer ou l’annuler. Annuler les dettes aurait signifié entrer dans une crise financière, puis économique, de très grande ampleur; on a préféré, encore une fois, la fuite en avant, et la dette privée a été transformée en dette publique. Ainsi, le problème n’a pas été surmonté, mais seulement déguisé, et déplacé.

Le surendettement public est universel, mais il y a toujours des maillons faibles. Ceux-ci se nomment Grèce, Espagne, Portugal, Irlande. La Grèce (dont la dette publique devrait atteindre les 125% du PIB en 2010) a été placée de fait sous tutelle de la Commission européenne. Mais les autres pays ne sont pas en reste et les pourcentages correspondants prévus pour 2010 s’élèvent à 85% pour le Portugal, 83% pour l’Irlande (44% en 2008), 66% pour l’Espagne (40% en 2008).

Il était évident dès le départ que cette situation ne pouvait pas durer. Le privé (consommation des ménages, investissement des entreprises) devait prendre la relève du public, permettant à celui-ci de se retirer. Le grand problème est que le privé n’a toujours pas embrayé sur le public, et le grand changement est que commence à prévaloir dans l’establishment la crainte qu’il en soit encore ainsi pour de longs mois.

L’idée qu’en somme la crise est loin d’être terminée, et que nous ne sommes pas dans un schéma en V, ni même en W, mais sans doute plutôt en L. Or, les plans de redressement des finances publiques qui ont été présentés jusqu’ici sont tous basés sur l’hypothèse d’un redressement vigoureux de l’économie, qui permettrait de réduire les déficits plus par l’accroissement rapide des recettes fiscales que par la réduction drastique des dépenses publiques.

Si le redressement attendu n’est pas au rendez-vous, exit l’hypothèse d’une montée rapide des recettes fiscales et les gouvernements des pays qui sont dans le collimateur des investisseurs sont placés devant un dilemme redoutable. Soit ils poursuivent le soutien à l’économie, évitent son effondrement, mais entrent dans une spirale autoentretenue dont on ne voit pas la fin, car ils aggravent leurs déficits de telle sorte que ceux-ci sont de plus en plus coûteux à couvrir. Soit ils abandonnent le soutien à l’économie, retirant l’échafaudage public, mais ils risquent alors de précipiter l’économie dans les profondeurs, sans avoir pour autant la garantie d’une réduction du déficit public.

Ces pays sont tous membres de l’Union européenne, et on peut penser qu’ils auraient droit à un soutien de l’Union en tant que telle ou de certaines de ses composantes. Mais si les principales puissances économiques européennes décident d’aider ceux qui se débattent avec de l’eau jusqu’au cou, elles risquent d’être entraînées et de couler à leur tour, et ce d’autant plus qu’elles sont elles-mêmes très endettées. Si ces puissances ne le font pas et que les pays les plus directement menacés font défaut sur leur dette, elles savent que la crise sera relancée de façon spectaculaire et qu’elles sont les suivantes sur la liste.

«Les marchés» ne pensent pas, ne parlent pas, ils envoient des signaux, mais ceux-ci sont, en l’occurrence, assez clairs. «Les investisseurs» sont manifestement de plus en plus convaincus que les pays menacés ne pourront plus soutenir leurs économies très longtemps. Il faudra alors sortir de la situation «par le bas», c’est-à-dire rechercher le redressement des finances publiques surtout par la réduction des dépenses. Inutile de se faire des illusions: après avoir volé, à fonds perdus, au secours des capitalistes, c’est aux travailleurs que ces gouvernements demanderont de faire des sacrifices, par augmentation des impôts ou destruction des services publics. L’effondrement des marchés qui vient d’avoir lieu peut alors facilement être interprété comme un sévère coup de semonce, un appel aux gouvernements sur la sellette de se mettre dans les plus brefs délais à l’ouvrage, de montrer qu’ils sont capables de s’attaquer à la masse de la population pour sauver une infime minorité. Aux travailleurs d’organiser la résistance, car cette crise est celle du capital, il n’est pas question d’en payer les pots cassés.

Isaac Johsua

Source : http://www.npa2009.org/node/16538

BHL va mal, il a chopé le BOTULISME


Ce devait être le grand retour philosophique de Bernard-Henri Lévy. Patatras ! L’opération semble compromise par une énorme bourde contenue dans « De la guerre en philosophie », livre à paraître le 10 février. Une boulette atomique qui soulève pas mal de questions sur les méthodes de travail béhachéliennes

Nul ne peut plus l’ignorer, Bernard-Henri Lévy, « ennemi public » ainsi qu’il se présentait à l’automne 2008 dans sa correspondance avec Michel Houellebecq, est de retour dans les magazines. Tous les magazines. Lorsque nous l’avions invité à débattre au « Nouvel Observateur », le 13 janvier dernier, avec le philosophe Slavoj Zizek, un de ses adversaires, nous étions encore loin de deviner l’ampleur de la tornade à venir. Grand entretien dans « l’Express », portrait d’ouverture dans « Paris Match », couverture de « Transfuge », panégyrique dans « le Point » signé Christine Angot, interview de six pages dans « Marianne ». On en oublierait presque une chose. La cause occasionnelle, le détail à l’origine d’une telle profusion : la parution de deux livres, le 10 février prochain chez Grasset. Un épais « Pièces d’identité », recueil de textes et d’entretiens déjà parus sur toutes sortes de supports, et « De la guerre en philosophie », version remaniée d’une conférence prononcée en 2009 à l’ENS de la rue d’Ulm.

Plaidoyer pro domo en faveur d’une œuvre injustement décriée, la sienne, ce second opus d’environ 130 pages, « De la guerre en philosophie », se présente comme le « livre-programme » de la pensée béhachélienne. Un « manuel pour âges obscurs, où l’auteur « abat son jeu » et dispose, chemin faisant, les pierres d’angle d’une métaphysique à venir » – rien de moins, trompette l’éditeur au dos de la couverture. On l’aura compris, ce livre devait signer le grand retour de BHL sur la scène conceptuelle dite sérieuse. Son ultime plaidoirie face à une caste philosophique qui l’a depuis toujours tourné en dérision, de Deleuze à Bourdieu, en passant par Castoriadis. Une lecture attentive dudit opuscule révèle cependant que l’affaire est assez mal engagée.

« La vraie question pour une philosophie, c’est de savoir où sont vos adversaires, et non où sont vos alliés. » Ainsi l’auteur se lance-t-il, chemise au vent et sans crampons, à l’assaut de quelques contemporains gauchistes renommés, mais aussi de Hegel ou de Marx, « cet autre penseur inutile, cette autre source d’aveuglement », notamment reconnu coupable de ne pas donner les moyens de penser le nazisme. A la décharge, l’idéalisme et le matérialisme allemands, toutes ces conneries superflues ! Bernard-Henri Lévy ne s’est jamais laissé intimider par les auteurs mineurs.

Il s’en prend tout aussi fougueusement à Kant, « ce fou furieux de la pensée, cet enragé du concept ». Un peu audacieux de la part d’un penseur qui ne peut, somme toute, revendiquer à son actif qu’un brelan de concepts pour news magazines comme le « fascislamisme »? Même pas peur. BHL a des billes. Le vieux puceau de Königsberg n’a qu’à bien se tenir. A la page 122, il dégaine l’arme fatale. Les recherches sur Kant d’un certain Jean-Baptiste Botul, qui aurait définitivement démontré « au lendemain de la seconde guerre mondiale, dans sa série de conférences aux néokantiens du Paraguay, que leur héros était un faux abstrait, un pur esprit de pure apparence ». Et BHL de poursuivre son implacable diatribe contre l’auteur de « La Critique de la raison pure », « le philosophe sans corps et sans vie par excellence ».

Il en sait des choses, Bernard-Henri Lévy. Le néo-kantisme d’après-guerre. La vie culturelle paraguayenne. Seul problème, Jean-Baptiste Botul n’a jamais existé.

Pas plus que ses conférences dans la pampa, auxquelles BHL se réfère avec l’autorité du cuistre. Ce penseur méconnu est même un canular fameux. Le fruit de l’imagination fertile de Frédéric Pagès, agrégé de philo et plume du « Canard enchaîné », où il rédige notamment chaque semaine « Le journal de Carla B. ». Un traquenard au demeurant déjà bien éventé depuis la parution de « La vie sexuelle d’Emmanuel Kant », pochade aussi érudite qu’hilarante publiée en 2004 aux éditions Mille et une nuits sous le pseudonyme de Botul. Une simple vérification sur Google aurait d’ailleurs pu alerter le malheureux BHL. Le même Botul y est en effet aussi répertorié pour avoir commis une œuvre au titre prometteur : « Landru, précurseur du féminisme ».

Renseignement pris, personne ne s’était encore jamais pris sans airbag cet énorme platane. C’est désormais chose faite. Toutes proportions gardées, c’est un peu comme si Michel Foucault s’était appuyé sur les travaux de Fernand Raynaud pour sa leçon inaugurale au « Collège de France ». Mais alors, qu’a-t-il bien pu se passer dans le cerveau infaillible de notre vedette philosophique nationale ? Une fiche mal digérée ? Un coup de sirocco à Marrakech ? « C’est sans le moindre état d’âme que j’ai, depuis 30 ans et plus, choisi le rôle du renégat, endossé l’habit du disciple indocile, et déserté ce mouroir de toute pensée qu’est devenue l’Université », écrit Bernard-Henri Lévy. Un peu trop, sans doute.

Ainsi se sera-t-il toujours trouvé un importun, un pédagogue indiscret et pointilleux, pour venir s’interposer entre sa personne et la gloire philosophique. Il y a trente ans, c’était l’historien Pierre Vidal-Naquet, qui avait recensé dans un texte mémorable publié par « le Nouvel Observateur » les nombreuses perles d’écolier contenues dans son essai, « Le Testament de Dieu ». Cette fois-ci, c’est un philosophe burlesque qui n’existe même pas.

Source :http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/culture/20100208.OBS6232/bernardhenri_levy_en_flagrant_delire.html

Stéphane Guillon et la polémique du court métrage "Le baiser de la lune"

Samedi soir, chez Thierry Ardisson, l'humoriste Stéphane Guillon est revenu (à sa manière ) sur la polémique du court métrage Le baiser de la lune. Attention, ne ratez pas l'ÉNORME info (qui fait peur) à la fin de l'extrait !

Pour voir la vidéo, cliquez ici.

Non, non, vous ne rêvez pas... Christine Boutin va bientôt sortir un livre intitulé Les gays font-ils peurs ?... À croire que ce sujet la turlupine sérieusement !

Déclaration du Comité exécutif national du NPA

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1/ En même temps que le gouvernement approfondit sa politique antisociale, multiplie les expulsions de sans papiers, le pouvoir cible le NPA dans le cadre du débat sur l'identité nationale.

Le NPA est confronté à une campagne médiatico-politique autour d'une de ses 2000 candidat-e-s aux régionales, Ilham Moussaid, qui porte un foulard, quatrième de la liste NPA - Alternatifs du Vaucluse (PACA) dont la tête de liste départementale est Jacques Hauyé.

Contrairement à ce que certains ont laissé entendre, il ne s'agit en rien d'un « coup politique et médiatique » orchestré par la direction du NPA mais bien une décision prise dans le Vaucluse. Une minorité de membres du NPA de ce département s'y est opposée. La décision prise par les camarades du Vaucluse ne peut faire office de position pour l'ensemble du NPA, puisqu'il n'a pu en discuter avant à quelque niveau que ce soit.

2/ Notre camarade Ilham Moussaid est membre du NPA et, à ce titre, peut postuler à la candidature au même titre que les autres membres de notre parti. Une majorité de camarades du Vaucluse a décidé d'acter cette candidature. Quoi que l'on pense de cette décision, celle-ci est statutaire. Nous assurons la liste NPA-Alternatifs, l'ensemble des ses candidates et candidats, de notre solidarité dans ce moment difficile.

3/ Ilham porte un foulard (et pas une burqa comme on a pu l'entendre ou le lire). Elle n'y voit pas de contradiction avec les principes fondateurs dont la dimension féministe et laïque constitue une des clés de voûte et affirme son attachement à ces valeurs ainsi qu’à l’ensemble des principes fondateurs du NPA.

Le foulard est non seulement un symbole religieux visible mais il est également un instrument de soumission des femmes utilisé sous diverses formes et à diverses époques par les trois monothéismes même si Ilham ne le vit pas comme tel et elle n'est pas la seule dans la société.

4/ L'annonce de la candidature d'Ilham Moussaid a suscité de nombreuses réactions. Toutes ne sont pas de la même nature. Les critiques et désaccords formulés, à l'intérieur du NPA ou par des mouvements ou des militante-s du mouvement social et du mouvement féministe sont autant d'arguments qui alimentent la discussion et le débat va continuer.

En revanche, nous dénonçons le flot haineux et hypocrite provenant de l'extrême droite, de l'UMP, ou du PS voire du PG et du PCF. On les entend moins quand le Président de la République se jette dans les bras du pape, se signe de la croix en public en voyage officiel, ou quand Boutin brandit la Bible à l'Assemblée. Les partis institutionnels financent par millions les lycées privés confessionnels, notamment catholiques. Quant au PCF, il ferait mieux d'être plus prudent, lui qui, aux côtés du PS, a accepté sur ses listes une candidate qui portait le foulard pendant la campagne et continue de le porter au sein du conseil municipal d'Echirolles (38) où elle siège.

5/ Au sein du NPA, le CE confirme que le débat sur « religion et émancipations », prévu avant cette campagne politico médiatique, aura lieu. Le débat interne qui nous traverse est un débat public. La décision prise dans le Vaucluse ne crée aucune « jurisprudence » en la matière. Le congrès du NPA est souverain.

6/ L'heure est d'abord et avant tout à la campagne derrière les listes que nous présentons ou soutenons, une campagne pour faire entendre notre véritable spécificité, celle d'une gauche anticapitaliste, antiraciste, écologiste, internationaliste, féministe, qui a toujours été solidaire des femmes qui résistent à ceux qui veulent leur imposer le voile.

Adopté à l'unanimité des présent-e-s, moins une abstention, le 8 février 2010

La "Conf" interpelle les candidats aux élections régionales

Communiqué de presse - 2 fév 2010

Dans le contexte actuel du lancement de la campagne électorale des élections régionales de mars prochain, la Confédération paysanne réaffirme ses principes de non appartenance politique et qu’elle ne soutient aucune liste.
Tout adhérent de la Confédération paysanne associé à une liste ou candidat lui-même l’est à titre indépendant et personnel, il n’engage que lui-même et non le syndicat.


La Confédération paysanne a adressé un courrier à l’ensemble des candidats pour porter la parole du syndicat, et pour interpeller leur responsabilité dans l’évolution de l’agriculture française.


Le rôle des régions dans la dynamique de l’agriculture et des territoires est essentiel notamment pour promouvoir :

  • la relocalisation de l’économie,
  • des systèmes de production durables,
  • une politique d’aide à l'installation paysanne,
  • une politique foncière ambitieuse pour protéger et développer la production alimentaire,
  • et maintenir la biodiversité.

La Confédération paysanne soutient vivement l’appel « Alimentons les régions » à l’initiative de plusieurs organisations.

La Confédération paysanne reste vigilante pour que ses principes d’indépendance politique soient respectés. Cette indépendance est un gage de la lisibilité des combats de chacun et d’une meilleure efficacité collective.

Présentation du Rapport 2010 sur le logement de la Fondation Abbé Pierre





VraimenT A Gauche !

Votez Liste Unitaire Anticapitaliste pour une Ecologie Radicale


 VraimenT A Gauche ! Votez Liste Unitaire Anticapitaliste pour une Ecologie Radicale

VraimenT A Gauche : les 27 candidats finistèriens

La liste Vraiment à gauche, présentée samedi à Quimper, rassemble des militants de quatre organisations: le NPA, Militer pour la gauche, Régions décroissance et Les objecteurs de croissance.

Voici les 27 candidats.

1. Laurence de Bouard, 41 ans, cadre de Santé, Poullaouen.

2. Roland Jaouen, 53 ans, cadre service public postal, Plonéour-Lanvern.

3. Jeanine Carrasco, 45 ans, éducatrice spécialisée, syndicaliste, Quimper.

4. Louis Le Pape, 51 ans, enseignant 1er degré, syndicaliste, Le Guilvinec.

5. Estelle Tico, 27 ans, aide-soignante dans le privé, Brest.

6. Hubert Casel, 53 ans, ingénieur syndicaliste, militant associatif, Brest.

7. Justine Arhan, 18 ans, lycéenne, Audierne.

8. Gérard Pollet, 63 ans, cadre retraité, Scrignac.

9. Denise Cordier, 61 ans, secrétaire dans le privé, retraitée, Moëlan-sur-Mer.

10. Éric Rudwill, 41 ans, conseiller municipal, ouvrier, syndicaliste, Quimperlé.

11. Adeline Talec, 24 ans, aide à domicile dans le privé, précaire, Quimper.

12. Matthieu Guillemot, 33 ans, cuisinier, Carhaix.

13. Muriel Spring, 35 ans, employée de libre-service, Telgruc-sur-Mer.

14. Patrick Charles-Dominé, 50ans, commerçant, Douarnenez.

15. Claude Creachcadic, 53 ans, secrétaire administrative, syndicaliste, Pleuven.

16. Michel Kerangueven, 52 ans, agriculteur bio, Pont-de-Buis.

17. Josette Brenterch, 57 ans, enseignante, syndicaliste, militante associative, Brest.

18. Christophe Gallard, 37 ans, marin pêcheur, Penmarc'h.

19. Paula Damas, 36 ans, psychologue dans le privé, Quimper.

20.Alain Jolivet, 40 ans, ouvrier, Lesneven.

21. Laurence Couste, 39 ans, enseignante 1er degré, Plobannalec-Lesconil.

22. Jean Riou, 59 ans, marin pêcheur, Crozon-Morgat.

23. Danièle Gloaguen, 62 ans, retraitée des Impôts, Pont-Croix.

24. Jean-Pierre Carrons, 53 ans, enseignant, syndicaliste, Morlaix.

25. Michèle Le Roux, 52 ans, professeure des écoles, Lampaul-Plouarzel.

26. Marc Barthélemy, 75 ans, retraité Éducation nationale, Quimper.

27. Morgane Daoust, 18 ans, lycéenne, Quimper.

Source :http://letelegramme.com/ig/dossiers/listes_elections_regionales/vraiment-a-gauche-les-27-candidats-finisteriens-08-02-2010-773704.php

Action directe : libération de Cipriani et Rouillan !


Georges Cipriani et Jean-Marc Rouillan sont en taule depuis février 1987 ! Ils ont été arrêtés avec Joëlle Aubron et Nathalie Ménigon en tant que militants d’Action directe. Tous les quatre ont été condamnés à perpétuité avec une peine de sûreté de 18 ans. Action directe était une organisation de guérilla qui dans les années 80 a mené la lutte armée en Europe de l’ouest.


Georges Cipriani
est détenu à la prison d'Ensisheim en Alsace. Sa dernière demande de semi-liberté a été refusée le 20 août
2009 au motif , entre autres, "qu'il n'a pas évolué dans ses idées sur la légitimité de la lutte contre le capitalisme engagée par Action Directe dans les années 80". Une nouvelle demande a été déposée fin septembre 2009. Elle a été examinée début février 2010 et la réponse est attendue pour le 18/2.
Jean-Marc Rouillan a eu sa semi-liberté révoquée le 16 octobre 2008 pour quelques lignes d'un interview. Le 27 octobre 2009 il a été transféré à la prison de Muret. Une demande de semi-liberté a été déposée mi-novembre 2009. Jean-Marc a été transféré
à la fin janvier 2010 pour six semaines au CNO de Fresnes (Centre National d'Observation) .
Nathalie Ménigon après une année de semi-liberté, est en liberté conditionnelle depuis le 3 août 2008 pour une durée de 5 ans.
Joëlle Aubron est sortie de prison le 16 juin 2004 aprés une campagne pour obtenir sa suspension de peine pour raisons médicales. Elle est décédée le 1er mars 2006 après avoir mené un combat pour la libération de ses camarades et contre la maladie


Pendant la crise, les sales coups continuent



Ça devait arriver : à force de financer à fonds perdus les banques et les industriels, tout en baissant les impôts des entreprises et des riches, les États s’endettent de plus en plus… jusqu’à ce que les spéculateurs, qu’ils ont pourtant enrichis, se mettent à douter de leurs possibilités de rembourser au point de les menacer de faillite. On nous répète sans cesse que la reprise montre le bout du nez, que la crise est derrière nous... Mais ceux qui gouvernent ont toujours la même réponse : nous faire payer leur crise !

C’est ce qui a commencé à se passer cette semaine avec la Grèce, ainsi que le Portugal et l’Espagne. Dans ces trois pays, les gouvernements ont annoncé des plans d’austérité brutaux afin de réduire les déficits qu’ils avaient eux-mêmes provoqués. Au menu, entre autres mesures : la retraite qui passe à 67 ans, la réduction de l’emploi et des services publics, le gel des salaires des fonctionnaires.

C’est aussi ce que Sarkozy nous prépare ici pour l’après élections régionales : les saignées dans la fonction publique, l'injuste taxe carbone, les plans de licenciements qui ont été à peines repoussés de quelques semaines, sans parler des nouvelles attaques annoncées sur les retraites.

Le PS et ses alliés, un « rempart » ?

Le PS, sur le contenu, ne nous propose pas de choses très différentes. Les premières déclarations de Martine Aubry sur les retraites en sont un exemple. Parce que la gauche traditionnelle s’est convertie au capitalisme, elle s’adapte au discours ambiant et finit par faire des politiques proches de la droite.

Dans les régions que la gauche gouverne presque toutes depuis 2004, elle a arrosé de subventions les groupes du CAC40, les lycées catholiques, les centres de formation d’apprentis contrôlés par le patronat, tout cela au détriment du service public. On est loin des contre-pouvoirs pour résister à la droite, comme ils nous l'avaient promis lors de l'élection précédente en 2004.

Avec le NPA, un vote de résistance

Dans les élections régionales du mois de mars, nous pourrons sanctionner les responsables de la situation actuelle, ceux qui expliquent que le capitalisme est notre seul avenir, qu’il faut se résigner à un système injuste, inégalitaire, discriminatoire, car c’est le seul possible.

Nous pouvons envoyer dans les conseils régionaux des élus anticapitalistes qui aideront à préparer les luttes et à les soutenir. Car pour changer vraiment les choses, il faudra une mobilisation large des salariés et de la population, un « tous ensemble » capable de s’affronter au gouvernement et au patronat.

Sarkozy et le Medef peaufinent aujourd’hui de nouvelles attaques contre le monde du travail.

Le 14 mars, le vote pour la liste "VraimenT A Gauche" présentée par le NPA , des militants du Parti de Gauche ,des Objecteurs de Croissance et menée par Laurence de Bouard sera un geste politique qui servira à organiser l’indispensable riposte.

dimanche 7 février 2010

Laurence de Bouard

Tête de la Liste Unitaire, Anticapitaliste et pour une Ecologie Radicale en Bretagne...


Laurence de Bouard, tête de liste en Bretagne pour les élections régionales 2010. "Liste Unitaire, anticapitaliste et pour une écologie radicale" avec le NPA, des militants du Front de gauche (MFG), l'ADOC, et le Mouvement des Objecteurs de croissance (MOC).

Etats-Unis : la prise de contrôle par les "Corporations"



par Noam CHOMSKY
(In these times)








Désormais les dirigeants des corporations (*) pourront acheter directement les élections sans passer par des intermédiaires. La Cour Suprême des Etats-Unis vient d’augmenter considérablement le pouvoir d’une petite minorité de la population qui contrôle l’économie.

Le 21 janvier 2010 entrera dans l’histoire comme une journée noire pour la démocratie aux Etats-Unis et le début de son déclin.

Ce jour-là, la Cour Suprême des Etats-Unis a rendu un jugement qui précise que le gouvernement n’a pas le droit d’empêcher les corporations d’investir directement dans les élections – une décision qui affectera profondément la politique du gouvernement, aussi bien intérieure qu’extérieure.

Cette décision annonce un renforcement de la mainmise des Corporations sur le système politique des Etats-Unis.

Selon les éditorialistes du New York Times, la décision « frappe au coeur même de la démocratie » en « ouvrant la voie aux Corporations qui pourront consacrer leurs vastes trésoreries à noyer les campagnes électorales et intimider les élus à défendre leurs intérêts. »

Désormais les dirigeants des Corporations pourront acheter les élections directement, sans passer par des moyens indirects plus compliqués. On sait que les contributions des Corporations, parfois présentées sous des emballages complexes, peuvent faire basculer une élection et décider de la politique. La Cour vient d’augmenter considérablement le pouvoir d’une petite minorité de la population qui contrôle l’économie.

La « théorie d’investissement en politique » de l’économiste politique Thomas Ferguson est un très bon outil de prédiction de la politique à long terme du gouvernement. Cette théorie considère que les élections sont des occasions offertes au secteur privé pour nouer des alliances et investir dans la prise de contrôle de l’état.

La décision du 21 janvier ne fait que renforcer les moyens consacrés au sabotage de la démocratie.

Le contexte est très révélateur. Dans son exposé, le juge John Paul Stevens a admis que « depuis longtemps nous avons reconnu que les Corporations étaient protégées par le Premier Amendement » - l’article de la Constitution qui garantit la liberté d’expression, ce qui inclut le soutien de candidats aux élections.

Au début du 20eme siècle, les théoriciens et les tribunaux ont appliqué la décision de 1886 qui considère que les Corporations – ces « entités légales collectivistes » - ont les mêmes droits que les personnes physiques.

Cette attaque contre le libéralisme classique a été sévèrement condamnée par une espèce de conservatisme en voie de disparition. Christopher G. Tiedeman a décrit ce principe comme « une menace pour les libertés individuelles et pour la stabilité des états américains en tant que gouvernements populaires ».

Morton Horwitz écrit dans son histoire de la justice que le concept de personnification des Corporations a évolué lorsque le pouvoir s’est déplacé des actionnaires vers les dirigeants, pour finalement aboutir à la doctrine selon laquelle « les pouvoirs du conseil d’administration sont identiques à ceux de la corporation ». Quelques années plus tard, les droits des Corporations ont été étendus bien au-delà de ceux des personnes physiques, notamment par les mal nommés « accords de libre échange ». Selon ces accords, par exemple, si General Motors monte une usine au Mexique, elle peut exiger d’y être traitée comme n’importe quelle entreprise mexicaine (« traitement national ») – contrairement à un Mexicain fait de chair et de sang qui chercherait un « traitement national » à New York, ou même un minimum de respect pour les droits de l’homme.

Il y a un siècle, Woodrow Wilson, à l’époque un universitaire, a décrit une Amérique dans laquelle « un petit groupe d’hommes, » des dirigeants d’entreprises, « détiendraient un tel pouvoir de contrôle sur la santé et l’économie de leur pays » qu’ils en deviendraient « les concurrents directs du gouvernement ».

En réalité, ces « petits groupes » sont devenus de plus en plus des maîtres de gouvernements. Le dernier jugement rendu par la Cour Suprême leur offre encore plus de perspectives.

La décision du 21 janvier est tombée trois jours après une autre victoire des riches et puissants : l’élection d’un candidat Républicain Scott Brown en remplacement du feu sénateur Edward M. Kennedy, le « lion libéral » du Massachusetts. L’élection de Brown a été décrit comme un « soulèvement populiste » contre les élites libérales qui dirigent le gouvernement.

L’examen du vote raconte une toute autre histoire.

Le taux de participation a été élevé dans les beaux quartiers et faible dans les quartiers à majorité Démocrate. « 55% des électeurs républicains se sont déclarés « très intéressés » par l’élection, » a révélé un sondage du Wall Street Journal/NBC, « contre 38 % des Démocrates. »

Les résultats constituent donc bien un soulèvement, mais un soulèvement contre la politique du Président Obama : selon les riches, il n’en faisait pas assez pour les enrichir encore plus tandis que selon les pauvres, il en faisait justement trop dans ce sens.

La colère populaire est compréhensible, si on considère que les banques prospèrent, grâce aux sauvetage, alors que le taux de chômage a grimpé à 10%

Dans l’industrie, un travailleur sur six est sans emploi – le même niveau de chômage que pendant la Grande Dépression. Avec une financiarisation croissante de l’économie et un décroissement de l’industrie productive, les perspectives de retrouver les emplois perdus sont faibles.

Brown s’est présenté comme le 41eme vote contre l’assurance santé – c’est-à-dire la voix qui pouvait renverser la majorité du Sénat.

Il est vrai que le programme d’assurance santé d’Obama a été un facteur important dans l’élection du Massachusetts. Les titres des journaux sont corrects lorsqu’ils annoncent une désaffection du public pour ce programme.

Les sondages expliquent pourquoi : la loi ne va pas assez loin. Le sondage Wall Street Journal/NBC a trouvé qu’une majorité d’électeurs désapprouvaient la gestion de la santé à la fois par les Républicains que par Obama.

Ces chiffres confirment ceux de sondages nationaux récents. Respectivement 56% et 64% des sondés se sont déclarés en faveur de deux mesures importantes du projet d’assurance santé, mesures qui ont pourtant été abandonnées (« public option » et « Medicare buy-in at 55 » - NdT).

85% pensent que le gouvernement devrait avoir le droit de négocier le prix des médicaments, comme cela se pratique dans d’autres pays ; Obama a rassuré la Grande Industrie Pharmaceutique qu’il abandonnerait cette mesure.

Des larges majorités se sont déclarées en faveur des réductions de coûts, ce qui est logique : la santé coûte par habitant aux Etats-Unis environ le double que dans les autres pays industrialisés alors que sa qualité se situe tout en bas de l’échelle.

Mais une réduction des coûts ne peut pas être sérieusement envisagée lorsque les compagnies pharmaceutiques bénéficient de telles largesses, et que l’assurance santé se trouve virtuellement entre les mains d’un secteur privé déréglementé – un système coûteux particulier aux Etats-Unis.

La décision du 21 janvier pose de nouveaux obstacles sur le chemin d’une véritable assurance santé, ou d’une véritable politique de l’environnement ou de l’énergie. Le fossé entre l’opinion publique et le monde politique ne fait que se creuser. Et l’ampleur du coup qui vient d’être porté à la démocratie américaine est difficile à imaginer.

Noam Chomsky

ARTICLE ORIGINAL
http://www.inthesetimes.com/article...

Traduction le Grand Soir

(*) Le terme anglais de "corporation" a été - lâchement - traduit par "corporation", qui désigne généralement les grosses entreprises privées, sociétés anonymes, multinationales, etc...

Afghanistan : aveu d'échec....

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La conférence de Londres sur l’Afghanistan, qui réunissait les forces qui y mènent la guerre, a décidé d’un plan de réconciliation avec les talibans qui déposeraient les armes.

Jeudi 28 janvier, à la conférence de Londres, dans le vocabulaire de l’impérialisme occidental, les talibans ont changé de statut. Ils font désormais partie de ceux que Bernard Kouchner, dans une interview au Figaro, caractérise comme des « insurgés nationalistes ».
Souvenons-nous. En 2001, l’invasion de l’Afghanistan été présentée comme le début d’une croisade pour faire faire tomber les « États voyous » et les réseaux terroristes de la région. L’Irak, le Yémen, l’Iran, le Hezbollah au Liban ou le Hamas en Palestine étaient visés. Le but de redessiner un « Grand Moyen-Orient » parsemé de bases militaires de l’Otan ou des États-Unis était vendu aux opinions publiques, via la rhétorique du « choc des civilisations ». Les talibans, avec qui rien n’était négociable, furent la première cible.
Neuf ans après, le mot qui a dominé la conférence de Londres a été « réconciliation ». Après l’attribution du prix Nobel de la paix au chef de la première puissance impérialiste de la planète, Londres décide d’un plan de réconciliation basé sur la corruption. Un fonds international de 358 millions d’euros a ainsi été constitué pour acheter des seigneurs de guerre et des chefs talibans. La rhétorique est évidemment trompeuse car elle s’accompagne d’une augmentation des troupes de l’Otan. Il s’agit en fait d’affaiblir la résistance en la divisant et le secrétaire de la défense britannique a averti que cette stratégie se traduirait d’abord par plus de morts.
Qui pourra encore croire que l’objectif de cette guerre serait la démocratie ou le droit des femmes alors qu’on prône maintenant un accord entre Hamid Karzaï, l’organisateur de fraudes électorales massives, et des chefs de guerre et anciens ministres talibans prêts à retourner leur veste par appât du gain ? La stratégie de Londres essaye de sauver l’impérialisme occidental entraîné dans la spirale du « toujours plus de troupes » en Afghanistan alors que la situation devient explosive en Irak, qu’Israël prépare une nouvelle agression au Liban, que les États-Unis déploient des batteries anti-missiles autour de l’Iran et engagent un nouveau front au Yémen.
Désormais l’impérialisme est nu. Car la thématique de la réconciliation est un double aveu. Aveu de la possibilité d’une défaite en Afghanistan qui pourrait sonner comme un encouragement pour la résistance, ruinant la tentative d’en retourner une fraction significative. Aveu ensuite que les raisons données à l’invasion n’étaient que des prétextes. Et cet aveu pourrait peser lourd dans les métropoles de l’impérialisme si les cercueils revenant d’Afghanistan se multiplient.
Point de départ d’une offensive globale, l’Afghanistan est devenu le maillon faible du système impérialiste. Une défaite de celui-ci serait une victoire pour la seule réconciliation que nous voulons construire, celle entre les peuples qu’ils ont cherché à diviser.

Denis Godard

samedi 6 février 2010

Démantelement de la centrale de Brennilis


Demantelement 1-2-fdded Quelle est la position du parti socialiste concernant l’industrie nucléaire ? L’alliance probable des écologistes et des socialistes au deuxième tour des élections régionales dans un grand nombre de régions, se fera-t-elle sans que les positions du PS n’en soient un peu plus "éclairées" et cohérentes que celle qui a été prise ici dans le Finistère au sujet du premier démantèlement nucléaire, un vote favorable au dossier présenté par l’EDF, comprenant pas moins de 15 recommandations !

Un avis pris au grand regret des militants de la base "écolo", qui en espéraient certainement un peu plus de la part des partenaires socialistes.

En effet, c’est encore dans le Finistère que la "Nation" la plus nucléarisée du monde va entamer son premier démantèlement d’un réacteur nucléaire français, une première qui n’a pas beaucoup interrogée la presse nationale en général, et pourtant ce chantier de Brennilis présenté comme étant la vitrine du nucléaire pour l’EDF en ce qui concerne la "maitrise" de la phase démantèlement de la filière, avait souffert d’un recadrage médiatique au planning et qui avait fait grand bruit en 2007, suite a l’arrêt de chantier par le Conseil d’État qui faisait suite à la demande d’annulation du décret ministériel qui autorisait la phase 3 de ce chantier, le démantèlement de ce réacteur EL4, un report gagné suite à la réclamation du Réseau Sortir du Nucléaire. Un arrêt de chantier justifié, au motif principal : Pour défaut d’information au public.

A la suite de quoi, depuis janvier 2009 et la mise en place de la CLI 29, composée essentiellement d’élus de la majorité régionale PS, de syndicats et d’associations de protection de l’environnement, il aura fallu encore attendre juillet 2009 pour entrevoir un nouveau dossier de 1900 pages fourni par l’industriel en vu de l’enquête publique sur ce démantèlement de la tète de série des 58 réacteurs français. Un dossier qui ne comporte qu’un seul et unique scénario, le démantèlement immédiat.

L’enquête publique a eue lieu durant les mois de novembre 2009 et est clause depuis le 11.12.09, n’aura pas non plus fait bouger beaucoup les lignes, ce malgré deux pétitions de plus de 8000 signatures issues des rangs écolos et qui réclamaient un débat national avant tout sur ce gros dossier de la fin de vie de cette filière nucléaire.

Après 1 1/2 mois d’enquête tout juste, deux réunions publiques à Loqueffret (petite commune à proximité du réacteur- voir également les vidéos sur AgoravoxTV), et une dizaine de réunions de la CLI 29, les membres de cette honorable représentation ont donné malgré tout un avis favorable au dossier proposé par EDF ! Un avis favorable comportant tout de même 15 recommandations émanant et reprenant en partie les arguments des écologistes bretons. Si la CLI dans son ensemble a rendu un avis favorable, toutes les associations écologistes membres de la commission, elles ont votées contre !

Les résultats :

- Avis défavorable sur le dossier : 5

- Abstentions : 2

- Avis favorable sous réserve de prise en compte des recommandations
de la CLI : 22

Extrait de ces recommandations.

[...Justification de la solution retenue

Constat :

La CLI considère que le dossier présenté par l’industriel justifie mal la solution retenue :

Le démantèlement sous 10 ans. Or, de cette question découle en grande partie l’acceptabilité sociale du projet. Elle estime que, sur ce point, l’industriel a manqué l’occasion qui lui était offerte de réaliser un travail de pédagogie vis-à-vis du grand public et ce, d’autant plus que, dans le cas de Brennilis, comme rappelé en préambule, une solution d’attente (Démantèlement différé) ou de confinement sûr est inadaptée pour des raisons géologiques et hydro-géologiques.

Point n°4 :

- La CLI estime que des compléments sur la question de la justification auraient dû être apportés. Elle considère, même si la solution proposée par l’industriel lui paraît la plus adaptée dans le cas de Brennilis, que le dossier aurait dû présenter en détails les différentes solutions possibles, leurs avantages, leurs inconvénients et expliquer les raisons du choix d’un démantèlement "immédiat" ; la CLI estime qu’un complément doit impérativement être fourni par l’industriel sur cette question importante.

- La CLI note également que le dossier ne comporte pas d’éléments liés au coût du démantèlement et observe que les analyses technico-économiques de différents scenarii comportent en général des références à la notion de coûts. La CLI estime que le dossier aurait dû comporter des indications sur ce sujet. La CLI demande la confirmation de l’engagement de l’exploitant à assumer le coût du démantèlement jusqu’à son terme, quels que soient les aléas....]

…§…

En parallèle de cette décision surprenante, le permis de démanteler des installations nucléaires comportant à minima 15 défauts majeurs et pourtant plus facilement acquis que le simple permis de conduire, le président de la CLI à lui aussi rédigé un courrier qui réclame un débat national sur le sujet !

Extrait de la lettre du Président de la CLI 29 et également Président du Conseil Général du Finistère. Lettre à l’attention du Ministre de l’Écologie JL Borloo, qui lui demande la saisine de la CNDP sur le démantèlement des installations nucléaires et en respect de la loi du 27 février 2002.

[…il me semble que les options relatives au démantèlement des installations nucléaires à l’arrêt relèvent des mêmes préoccupations. En effet, les options de démantèlement des installations nucléaires revêtent d’évidence un intérêt national et comportent des conséquences socio-économiques et environnementales importantes. Elles présentent également de véritables enjeux quant à l’information des populations sur le sujet. …]

...§...

En conclusion, cet avis favorable voté par la CLI relève surtout de la manipulation politique, a ne pas en faire de trop et sans pour autant froisser les probables et futures partenaires de la prochaine équipe socialo-écolo qui ressortira des prochaines élections régionales. Un simple courrier adressé au ministre pour la saisine de la CNDP et qui ne sert à rien, car ce qu’il faut rappeler, c’est que le Ministre Borloo avait déjà lui au préalable précisé dans une précédente missive à l’attention de l’association AE2D, membre de la CLI, que cette saisine de la CNDP pouvait être également formalisée par le président du CG 29, comme l’y autorise la loi.

Du courage et de l’audace, ce qu’il leur manque le plus.

Une partie de ping-pong sténo-administrative, qui ne fait pas honneur à ces représentants du pays le plus nucléarisé au monde, et je n’ose même pas imaginer ce qu’il adviendra des centrales nucléaires revendues à des pays tel que la Chine, ou les Émirats Arabes Unis, des clients potentiels de l’EDF et d’AREVA, qui n’attendent qu’une chose, c’est que celui-ci en particulier concerné, soit en mesure de prouver sa capacité à gérer en totalité la filière nucléaire (au moins jusqu’au démantèlement), avant de finaliser des contrats que l’on nous présente trop souvent comme juteux !

Brennilis, était à l’origine un prototype à « eau lourde » de 70 Mw , une technologie qui fut très rapidement abandonnée par l’industriel EDF, un engin qui n’a jamais donné satisfaction, qui était hors normes en 1985 et selon le Professeur Pellerin (Cf l’article de Libération-1988 sauf erreur), celui du nuage de Tchernobyl, et qui en a commander l’arrêt définitif. Cette vitrine atomique en démontage qui de nouveau remet à l’état de cobayes l’ensemble des travailleurs et les populations locales (et bien au-delà) vivant à proximité de cette « centrale qui ne voulait pas s’éteindre * ».

Source :http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/demantelement-nucleaire-de-67314

L'histoire d'amour interdite entre un ado et une handicapée

SOCIETE - Complèté le 04/02. Une femme handicapée de 36 ans a été condamnée mardi à deux mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Brest pour "soustraction d'enfant", alors qu'elle entretenait depuis plusieurs mois une relation avec un jeune homme de 17 ans en difficultés familiales, rapporte Le Télégramme. Les amoureux, qui partagent la même admiration pour Sophie Marceau, se sont rencontrés sur un forum internet consacré à l'actrice. Lire la suite...

Victime de violences de la part de son père, Tony, adolescent, “bâti comme un trois-quart” et brillant élève de 1ère S, vivait en internat la semaine et chez son père le week-end, jusqu'à ce qu'il lui apprenne sa liaison avec Laïnac, une femme lourdement handicapée, en avril 2008. Il est alors mis à la porte du domicile familial. Après une décision du juge des enfants, il est placé le week-end en famille d'accueil. Mais, plutôt que dans cette famille d'accueil, il préfère passer les fins de semaine chez son amie, une femme au joli visage qui n'a plus de bras et seulement une jambe et est peintre à ses heures dans l'association "Par la bouche et les pieds". Ils passeront ensemble l'été 2008 au bord de la mer, avec l'assentiment de la famille selon la défense, et se rendront au Croisic et au Futuroscope en 2009. Jusqu'à ce que le parquet de Brest, sur demande du juge des enfants, n'engage des poursuites pour "soustraction d'enfant".

"C'est entièrement de ma faute, j'y vais par choix et pas sous influence. D'ailleurs, j'ai les clés de chez elle", a déclaré mardi à l'audience le jeune homme qui n'a pas manqué de défendre son amie. "Je l'aime", a pour sa part déclaré à la cour l'accusée, assise dans son fauteuil roulant. Son avocat, Yves Chevasson, s'est dit convaincu que l'adolescent n'était pas en "danger". "Ce qui choque en réalité, ce n'est pas la relation d'un mineur, avec une personne majeure, c'est la relation entre une femme handicapée et un adolescent", a t-il dit.

"Laissez-le grandir, a tonné de son côté la procureure de la République, Marie-Pierre Léoquet, qui a requis six mois avec sursis demandant que les deux amoureux ne puissent plus se voir. Tout est trop ambigu dans votre relation. Et puis je n'aime pas que des mineurs aillent chez des gens qu'ils ne connaissent pas!", a t-elle ajouté, bienque l'idylle dure depuis un an et demi sans que les services sociaux aient jamais voulu rencontrer Laïnac.

Le tribunal a condamné la jeune femme à deux mois de prison avec interdiction d'entrer en contact avec l'adolescent jusqu'à sa majorité, d'ici 18 mois (il aura 17 ans en juillet). Lorsque le président a demandé qui pourrait pousser le fauteuil de son amie handicapée pour sortir du tribunal, c'est bien toutefois Tony qui s'en est chargé, a noté Le Télégramme. Me Yves Chevasson a fait appel. Celui-ci étant suspensif, le jugement du tribunal de Brest n'a pas à être appliqué.

Pierre-Henri ALLAIN - Libération Rennes

Doux joue la montre

Doux (Châteaulin-29) : comdamnée, la société joue la montre
«Doux joue la montre avec des gens qui n'ont pas les moyens de jouer la montre». En une phrase, Me Dumont a résumé, hier, son sentiment devant le juge de l'exécution du tribunal de Quimper. Dans la salle, quelque 250 salariés du groupe volailler Doux de Quimper, Châteaulin, Plouray(56), d'anciens salariés de Locminé(56), un site fermé par le groupe. Au total, Doux avait assigné 632 salariés qui ont obtenu devant diverses juridictions le paiement de leur demi-heure de pause par jour travaillé, non rémunérée depuis 2004. Ou des avances sur les indemnisations à venir depuis que la Cour de cassation a jugé comme un «avantage individuel acquis» ces fameux temps de pause. Soit entre 4.000 € et 6.000 € par salarié. Le leader européen de la volaille contestait, hier, les commandements à payer d'huissier.


Délibéré le 7avril


Me Sauret pour le groupe a réfuté toute manoeuvre «dilatoire» évoquant de multiples erreurs dans les commandements sur le calcul des arriérés, les montants nets ou bruts, sur l'orthographe de noms de salariés ou d'adresses. «Dans ce dossier, on n'aurait même pas dû entendre parler d'huissier. Les jugements datent de plus d'un an, on est devant une société qui refuse spontanément de payer les sommes», a plaidé Me Dumont avant de demander 1.000€ supplémentaires par salarié en dommages et intérêts. Le jugement a été mis en délibéré au 7avril.

  • Jacky Hamard

Source : http://letelegramme.com/ig/generales/regions/finistere/temps-de-pause-condamne-doux-conteste-son-injonction-de-payer-06-02-2010-771452.php

Environnement


Pour sauver la planète, en finir...

Pour détendre l'atmosphère et...c'est Dimanche !


Chaos capitaliste ou décroissance libertaire

Deux siècles d’une croissance économique ininterrompue ont conduit à l’avènement de notre société dite de consommation, celle de la démesure (réservée, cependant, à un être humain sur cinq !). La planète paraissait immense et inépuisable ; le bonheur semblait programmé sur ordonnance. Certes, la science et la technique ont permis d’augmenter sensiblement le niveau de vie matériel de centaines de millions de personnes. Mais le prix à payer restait ignoré.

Le bilan humain se révèle désastreux. L’augmentation constante du Produit intérieur brut, notion purement quantitative, n’a pas engendré, comme certains le faisaient croire, une amélioration du bien-être des populations. D’abord parce que les inégalités sont devenues exorbitantes ; ensuite parce que l’argent permet de tout acheter, sauf l’essentiel : la richesse relationnelle, la reconnaissance, la dignité. Le bilan écologique est du même ordre, parce qu’on a « oublié » que tout acte de consommation est d’abord un acte de destruction. Aujourd’hui se développe la prise de conscience des dimensions finies de la Terre. La réalité montre chaque jour plus crûment la dépendance des économies modernes vis-à-vis du pétrole notamment, la vulnérabilité des écosystèmes, la multiplication des atteintes à l’environnement, leur gravité sans précédent, leur dimension planétaire, parfois leur irréversibilité. Nous sommes la première génération dans l’histoire à transmettre à ses enfants un héritage moins favorable que celui qu’elle aura reçu.

La décroissance est incontournable

En dépit des simplifications inhérentes à tout indicateur synthétique, la notion d’empreinte écologique, qui reflète le rapport colonial d’exploitation des ressources ayant permis aux pays riches d’atteindre leur niveau de développement actuel, et qui mesure l’impact des activités humaines sur la planète, met en lumière l’essentiel : nous sommes en train de solliciter la nature au-delà de ses capacités de régénération, d’épuiser une partie du capital naturel mondial. Si tous les habitants de la planète voulaient adopter le mode de vie « occidental », les ressources de cette planète n’y suffiraient pas. Notre mode de vie n’est pas généralisable dans l’espace ; il l’est encore moins dans le temps. Que nous dépassions de 10, 20 ou 30 % les capacités biologiques de la Terre, peu importe. Nous sommes dans une impasse ; la croissance économique n’est plus possible. Il nous faut remettre en cause nos modes de production, de consommation, de distribution.Il nous faut renoncer au productivisme et au consumérisme individualiste, et au-delà sortir de l’ « économicisme », c’est-à-dire de la soumission du politique à l’économique.

Partant de cette évidence qu’une croissance illimitée est impossible dans un monde qui, lui, est limité, la décroissance consiste donc en un ralentissement du cycle production-consommation autour de quelques axes : respect du rythme de régénération des ressources renouvelables, diminution de la consommation des ressources non renouvelables, relocalisation de l’économie, sobriété énergétique, recyclage des matériaux, développement des énergies renouvelables…

L’échec des luttes internationales contre les émissions de gaz à effet de serre est sans appel : entre 1990 et 2008, le taux global de CO2 dans l’atmosphère a augmenté de près de 35% (source NOAA). Depuis 2000, le rythme d’augmentation annuel de l’ordre de 3% dépasse même les scénarios les plus pessimistes du GIEC : une évolution à l’opposé des efforts nécessaires pour parvenir à diviser les émissions de GES par deux d’ici 2050 au niveau mondial.

Pourtant, en signant le protocole de Kyoto (1997), un certain nombre de pays industrialisés s’étaient engagés à limiter leurs propres émissions de GES entre 1990 et 2012, et certains pays comme la France se targuent même de leur réussite. Outre l’objectif dérisoire (moins 5% pour des pays représentant alors 40% des émissions mondiales contre 30% environ actuellement) et la non prise en compte des émissions liées au commerce international, le mode de décompte est à lui seul une véritable arnaque : les GES sont imputés aux seuls pays producteurs (situés de plus en plus au Sud, et non aux consommateurs (situés souvent au Nord). Aujourd’hui, plus de 30% des émissions de la Chine sont d’ailleurs liées à la production de biens destinés à être exportés en Occident (Energy Policy, 24/07/08). Avec Kyoto, les pays riches se sont donc avant tout acheté une morale à bon compte à coups de délocalisations vers les pays « émergents » pour le résultat que l’on connaît. A Copenhague ou ailleurs, tant que les lois du capitalisme et de la croissance primeront, le climat se déréglera !

Notre décroissance sera anticapitaliste

Les dégâts causés par le capitalisme engendrent un gâchis considérable. Sur le plan écologique : pénurie d’eau, accumulation des déchets, déforestation, dégradation des terres cultivables, dérèglements climatiques, perte de biodiversité... Sur le plan humain, déracinement, solitude, angoisse, mal-être, stress, états dépressifs, logique du repli sur soi conduisant au suicide... Fondé sur la recherche de l’accumulation du profit maximum dans le temps le plus réduit possible, le capitalisme est incapable de prendre en compte les intérêts écologiques qui, eux, ne peuvent se concevoir que sur le long terme puisqu’ils résultent d’équilibres ajustés finement sur des millénaires. La « logique du vivant » consiste à maximiser des stocks – la biomasse – à partir du rayonnement solaire ; celle de l’économie capitaliste s’acharne, au contraire, à maximiser des flux marchands en épuisant des stocks naturels : c’est la marchandisation du vivant. La nature fonctionne de manière cyclique ; en créant des déchets non recyclables, l’économie capitaliste fonctionne de manière linéaire : elle est donc inapte à assurer la continuité de la vie.

Le capitalisme semble jusqu’à présent avoir réussi à surmonter ses contradictions internes – les inégalités sociales – par la fuite en avant dans une croissance économique continue. Celle-ci est désormais impossible, sauf à s’enfoncer dans un désastre écologique et humain irréversible. La récession, échec du capitalisme, n’ayant rien à voir avec une décroissance choisie en toute lucidité, il s’agit bien d’opérer une rupture.

Les dégâts économiques et sociaux du capitalisme sont considérables. Ce système criminel fabrique en permanence de la souffrance et saccage des milliards d’existences en maintenant un tiers de l’humanité au niveau de vie du Moyen-Age européen. D’un côté, des productions céréalières détournées, des forêts abattues, des modes de vie traditionnels détruits, des paysans expropriés pour assurer le « confort » de 20 % de l’humanité, un pillage rationalisé des pays pauvres sous couvert d’assistance technique. De l’autre, la mise en concurrence des salariés : sous-traitance, intensification du travail, flexibilité, précarité. En France, 537 décès par accident du travail en 2006. Explosion des maladies professionnelles reconnues : 52 979 en 2005. Les suicides directement liés au travail sont estimés à 400 par an. Plusieurs millions de salariés sont exposés, sans aucune protection, à des produits reconnus pour être cancérogènes, mutagènes ou toxiques. (chiffres extraits de : Travailler tue en toute impunité - Fondation Copernic)

Notre décroissance sera antiétatique

C’est l’Etat, fondé sur la force, qui par la loi protège la propriété privée (et notamment des moyens de production). C’est l’Etat qui finance la recherche-développement et les infrastructures au profit de la grande industrie, offrant au patronat un cadre juridique sur mesure. C’est encore l’Etat qui vole au secours des banques ou des multinationales à coups de milliards ou à grand renfort de police ou d’armée. C’est toujours l’Etat qui, pour la prospérité des riches, au Nord comme au Sud, accentue le contrôle social, criminalise les mouvements sociaux, réprime la contestation, entrave la libre circulation des personnes, harcèle ceux qui refusent de se couler dans le moule idéologique du prétendu libéralisme. Alors, que l’on cesse de croire – et de faire croire - qu’un Etat de droit va surgir dans la jungle de la mondialisation et résoudre à la fois la crise écologique et sociale ! Autant espérer que le tigre devienne végétarien !

Seuls la mauvaise foi ou l’aveuglement empêchent de voir que c’est le capitalisme qui instrumentalise l’Etat, et non l’inverse, qu’après avoir été complice, le pouvoir politique est devenu otage de la finance internationale. Et compte-tenu des nombreux liens tissés entre les oligarchies du public et celles du privé, entre le monde politique et les milieux d’affaires, cette situation est irréversible. Les politiciens sont trop bien élevés pour mordre la main qui les nourrit ; ce n’est pas celui qui a le pistolet sur la tempe qui dicte ses conditions, mais celui qui a le doigt sur la gâchette.

Non seulement le domaine militaire est celui des structures hiérarchiques et de domination, du culte de la violence et de la virilité. Non seulement l’augmentation des dépenses militaires s’effectue au détriment des programmes sociaux et de santé. Mais encore le militaire pèse d’un poids considérable sur l’environnement. Les réacteurs nucléaires militaires sont en volume responsables d’environ 97 % de tous les déchets nucléaires de niveau élevé de radiation et de 78 % de tous les déchets nucléaires de niveau de radiation faible.

En moins d’une heure, un avion militaire à réaction F16, décollant pour une mission d’entraînement de routine utilise presque deux fois plus de carburant que l’automobiliste américain moyen sur toute une année. De fait, le Pentagone est le plus grand consommateur d’énergie du pays, et très probablement du monde. Il utilise en douze mois autant d’énergie qu’il en faut pour faire fonctionner le système entier de transport urbain de masse des Etats-Unis pendant 14 ans. (source : Surarmement, Pouvoirs, Démocratie – Andrée Michel – L’Harmattan 1999) Hervé Morin, ministre de la Défense, vient de confirmer la commande de 60 nouveaux avions de combat Rafale, dans le cadre du développement durable...de l’entreprise Dassault. Mais ce n’est pas une raison suffisante pour oublier d’éteindre le plafonnier quand vous quittez votre chambre !

Pour une révolution écologique et sociale

Le mouvement anarchiste n’a pas attendu la crise écologique pour dénoncer le capitalisme : cette crise constitue seulement un argument supplémentaire, mais décisif, dans la volonté d’éliminer ce système morbide, mortifère et meurtrier. Notre décroissance n’est ni celle des républicains accrochés à un prétendu Etat vertueux qui ne verra jamais le jour, ni celle des autoritaires de tout poil qui rêvent non seulement d’accentuer la précarité, mais d’éradiquer la pauvreté…en supprimant les pauvres.

L’histoire prouve tous les jours, et après chaque échéance électorale, qu’aucun changement n’est possible dans la continuité du parlementarisme. Il appartient aux populations de ne pas se laisser piéger par l’imposture d’un « développement durable », d’une « croissance verte » ou d’une illusoire moralisation du capitalisme, de ne pas succomber au charme perfide d’un D. Cohn-Bendit, joyeux colporteur du green business ou d’un N. Hulot, le virevoltant multi-sponsorisé. La relance économique est condamnée du simple fait que tout nouvel endettement en faveur de la consommation suppose l’aggravation de la dette écologique. Seule une rupture avec le système actuel – une révolution libertaire – peut ouvrir des perspectives d’émancipation pour l’homme et de vie décente pour les générations futures parce que le patronat utilisera les méthodes les plus barbares pour sauver ses privilèges.Il s’agit bien de transformer radicalement les structures économiques et sociales plutôt que de tabler sur les seuls changements de comportements individuels ou sur des initiatives étatiques.

Parvenu à un tel point de non-retour, le capitalisme ne peut que s’empêtrer dans ses contradictions et entraîner les populations avec lui, notamment par les bouleversements sociaux qu’engendrera la fin du pétrole bon marché. En prenant conscience de leur capacité politique et en renouant avec une solidarité disparue, les producteurs et les habitants eux-mêmes doivent se réapproprier leur avenir, reprendre en main l’économie et la gestion des cités. Pour redéfinir ensemble le sens du travail, la finalité de la production, l’usage social des biens, la mutualisation des services, la convivialité en partageant les richesses et en auto-limitant individuellement et collectivement nos besoins. La réduction du temps de travail qui en résulterait favoriserait un réel épanouissement de l’homme. Pour que toutes ces initiatives ne restent pas que des îlots d’autogestion dans un océan capitaliste, il importe de les fédérer entre elles. Mais le temps joue contre le seul projet qui puisse rendre à l’homme sa dignité. Il y a donc urgence à sortir de l’impasse suicidaire du capitalisme.

Fédération Anarchiste - 1er Décembre 2009

Déclaration d'Ilhem Moussaïd, membre du NPA et candidate aux élections régionales

Face à un système capitaliste mondial qui enrichit 20% de personnes au détriment des 80% autres, qui maintient un tiers de la population sous le seuil de pauvreté et qui ne permet pas à un quart de la planète d’accéder à l’eau potable. Face à un système capitaliste mondial qui met en péril l’équilibre de la planète ; l’augmentation de la température, la fonte des glaces, la disparition de nos espèces animales, végétales, minérales et qui épuise nos ressources minières, forestières, énergétiques, nous devons réagir et inventer tous et toutes un autre système où les enfants étudieraient au lieu de travailler, où les employées ne se suicideraient pas à cause de la pression des patrons, où des personnes ne dormirait pas dehors alors qu’il y a des milliers d’appartements, d’immeubles vides, où l’argent ne serait pas roi.

C’est dans cette optique que je me suis engagée au NPA et que je présente ma candidature sur la liste des régionales. La gratuité des transports publics, la formation des jeunes, la récupération des subventions publiques accordées aux entreprises qui licencient alors qu’elles font des bénéfices, le développement du tissu associatif et non du clientélisme, la création d’emplois, de logements, autant de sujets qui me tienne à coeur et qui fonde mon engagement.

Née à Avignon, âgée de 21 ans, militante féministe, internationaliste et anticapitaliste, je lutte contre les discriminations, le racisme dans les quartiers populaires, contre l’apartheid et l’injustice en Palestine, j’espère apporter à Avignon, au Vaucluse et à la région ma pierre pour un nouvel ordre dominant, la liberté, la paix, la justice, le respect, la tolérance et la fraternité.

Ilhem Moussaïd

Interview d'Ilhem Moussaïd sur Dailymotion


REGIONALES PACA : SOLIDARITE AVEC LE NPA ET ILHAM MOUSSAÏD

par la coordination régionale PACA des Alternatifs

samedi 6 février 2010

"Partenaires du NPA en PACA pour les élections régionales de mars 2010, sur la base d’un accord politique et programmatique, les Alternatifs PACA sont solidaires de la composition de la liste commune du Vaucluse. La présence sur cette liste d’une jeune militante portant un foulard ne doit pas occulter les objectifs sociaux, démocratiques, écologistes et féministes sur lesquels elle est clairement et depuis longtemps engagée.

Ce sont ces engagements qui expliquent le choix courageux et émancipateur d’Ilham Moussaïd de figurer sur cette liste.

Pour les Alternatifs, la participation à la citoyenneté active de toutes et de tous, et en particulier des jeunes des quartiers populaires de toutes origines, est un objectif central. Elle est inséparable du combat intransigeant pour l’égalité des droits.

Cette candidature a suscité des interrogations. La question est en effet complexe et le débat doit se poursuivre en particulier sur les discriminations et l’héritage post-colonial, comme sur le sens des signes religieux dans l’espace public et sur ce qu’ils signifient par rapport aux droits des femmes.

Les Alternatifs sont prêts à poursuivre ce débat, en restant vigilants sur le contexte dans lequel il s’ouvre. Ils refusent la confusion délibérément entretenue par ceux qui invoquent la laïcité et les droits des femmes uniquement quand il s’agit de l’islam. Ils refusent également l’assimilation entre islam et islamisme, foulard, voile et burqua, sur fond de débat nauséabond relatif à l’identité nationale, dans une logique xénophobe et raciste."

pour la coordination régionale PACA des Alternatifs Magali Braconnot - Bruno Della Sud

Le service civique : un vrai travail mais pas une vraie paye

Brève LO

Le gouvernement veut créer un dispositif appelé « service civique » qui donnerait lieu à l’embauche de jeunes de 16 à 25 ans dans des associations, des collectivités territoriales, ou des établissements publics pour 600 euros mensuels.

Ce n’est pas vraiment original, après les Contrats d’aide à l’emploi, les assistants d’éducation, les assistants pédagogiques dans les écoles, les contrats précaires financés par l’Etat sont nombreux.

Tandis que l’Etat supprime des dizaines de milliers de postes de fonctionnaires, il cherche à faire diminuer le nombre de jeunes chômeurs en les faisant travailler pour des salaires au rabais.

Vague de critiques sur le plan algues vertes

Libération - 4 Février 2010

Si le gouvernement avait voulu creuser le fossé entre écolos et paysans sur les algues vertes, il ne s’y serait pas pris autrement. En distillant des infos partielles avant d’annoncer, hier en Conseil des ministres, un plan de 134 millions d’euros sur cinq ans - dont les détails ne seront connus que demain - il a exaspéré tout le monde. «C’est la confusion, lâche Gilles Huet, de l’association Eau et Rivières. Sur l’axe préventif, c’est la nébuleuse. Il est question de la mise en œuvre de projets territoriaux, de protection des zones humides sur la base du volontariat. Et qu’est ce qu’on fait si ça ne marche pas ?»

«Nous craignons un énième plan qui va coûter cher, renchérit Michel Guillemot, président de Halte aux marées vertes. On va ramasser les algues, nettoyer les plages et le cancer des algues vertes aura encore de beaux jours devant lui.» Les agriculteurs ne sont pas moins remontés. «On entend que c’est un plan fait par les agriculteurs et pour les agriculteurs, mais c’est faux ! s’exclame Jacques Jaouen, président de la chambre d’agriculture de Bretagne. C’est un plan gouvernemental dont on peut craindre certaines mesures.»

Les paysans redoutent des contraintes qui seraient élargies à six baies en Bretagne. Une décision qui signerait selon eux la fin de l’agriculture familiale. «Sur les algues vertes, il y a un problème de coresponsabilité, mais on va être une fois de plus au bout du fusil», s’alarme Michel Bloc’h, président de l’Union des groupements de producteurs de viande bovine, qui réclame la nomination d’«une commission d’experts de renommée internationale». Un point sur lequel le rejoint Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’Ecologie, qui a annoncé hier la mise en place d’un «groupe de recherche national». Au programme aussi, la création d’unités de méthanisation ou le contrôle des flux d’azote (qui nourrissent les algues vertes) dans les sols. Sans oublier le volet curatif pour le ramassage et le traitement des algues. 40 millions d’euros seront consacrés à ce plan en 2010 et 2011. Pour l’heure, alors que tous reconnaissent que le fléau ne pourra être réglé que collectivement, le gouvernement n’a réussi qu’à cristalliser les divergences.

vendredi 5 février 2010

Ces fortunes du CAC 40 qui se bâtissent sur le dos des contribuables

Par Ivan du Roy, 4 février 2010, in Basta !

Le cas Henri Proglio est l’arbre d’indécence qui cache une forêt de cupidité. En toute discrétion, vingt patrons et dirigeants de société du CAC 40 viennent d’encaisser une partie de leurs gains en stock-options : près de 20 millions d’euros. Ces énormes plus-values ne doivent rien à l’utilité sociale de ces « élites » mais reposent plutôt sur l’accaparement de richesses produites par d’autres.

La crise, quelle crise ? Vingt PDG et hauts dirigeants de grandes entreprises ont perçu près de 20 millions d’euros de plus-values grâce à la vente de leurs stock-options fin 2009. Sur le podium de ces heureux gagnants : le PDG d’Alstom, Patrick Kron, avec 2,5 millions de gains, arrive largement en tête, devant le PDG de Vinci, Xavier Huillard, avec 2 millions, talonné par le directeur financier de GDF-Suez, Gérard Lamarche, avec plus de 1,9 million d’euros (la plus-value de son supérieur, Gérard Metrallet, PDG de GDF-Suez, s’élève plus modestement à 1,3 millions). Ces impressionnants revenus – qui s’ajoutent à leurs salaires, primes et retraites complémentaires [1] – viennent-ils récompenser leur capacité à avoir créé et construit ces grands groupes industriels ?

Les trois PDG ont grandi dans le cocon de la haute fonction publique : Xavier Huillard au sein de la Direction départementale de l’équipement, Patrick Kron dans les méandres du ministère de l’Industrie puis de Pechiney, alors nationalisée, Gérard Mestrallet à la direction du Trésor puis au sein de Suez, elle aussi nationalisée. Bref, ils savent administrer mais n’ont rien créé. Leurs revenus reflètent-ils alors leurs incomparables compétences de gestionnaires qui savent allier performances économiques, bonnes pratiques sociales et politiques environnementales ? Que nenni. Ces bonus illustrent plutôt leur étonnante capacité à gérer une organisation qui s’accapare les bénéfices que génèrent l’entreprise, en partie grâce à l’argent des contribuables, sans pour autant en faire profiter leurs salariés. Une pratique qui dépasse largement le cas très médiatisé d’Henri Proglio, premier double PDG de l’Histoire de France.

Contribuables embobinés

Au printemps 2007, avant la crise, la plus-value potentielle accumulée par les patrons du CAC 40 dépassait le milliard d’euros ! [2] Patrick Kron avait accumulé 14 millions de plus-values en 2008. Après avoir encaissé son pactole de 2009, il lui resterait toujours 10,5 millions d’euros potentiels à empocher avec les actions qu’il n’a pas encore vendues. Ces revenus s’ajoutent bien évidemment à son salaire de dirigeant et à ses primes. Le PDG s’était augmenté de 33% en 2006, portant son salaire annuel à plus de 2,2 millions d’euros. Une augmentation moins médiatisée que les 4 millions d’euros de parachute doré que son prédécesseur Pierre Bilger s’était accordé en laissant, en 2003, une entreprise exsangue. Sous la pression, l’ancien PDG y avait finalement renoncé.

Si le PDG d’Alstom gagne autant, c’est que ce polytechnicien a accompli des « miracles ». En 2006, Alstom vient tout juste d’éviter la faillite grâce à un plan de sauvetage de l’Etat et à des milliers de suppressions d’emplois. L’Etat signe au groupe industriel un chèque d’un demi milliard d’euros en rachat d’actions et en prêts. Quatre ans plus tard, grâce aux contribuables, Alstom est sauvé et ses performances boursières sont au top. A l’automne 2009, l’entreprise emploie moins de 15 000 personnes en France contre 27 000 cinq ans plus tôt ! Elle va continuer de réduire ses « coûts », en supprimant notamment 2 000 emplois. Le « miracle » de Patrick Kron, c’est d’avoir su multiplier chômeurs et subventions.

Salariés précarisés

La stratégie des dirigeants de Vinci, géant du BTP, est plus roublarde. Son ancien PDG, Antoine Zacharias, en a d’ailleurs fait les frais. Au printemps 2007, celui-ci avait accumulé près de 255 millions de plus-values potentielles sur ses stock-options ! Poursuivi pour « abus de bien sociaux » par le tribunal de Nanterre, il sera jugé les 25 et 26 mars prochains. Les émoluments de son successeur paraissent aujourd’hui bien modestes. Les profits de Vinci, et donc la fortune de ses dirigeants, s’appuient en partie sur les « délégations de service public » et les « partenariats public privé » conclus avec l’Etat ou les collectivités territoriales.

Rien que pour l’année 2009, Vinci a obtenu la construction du Pont du Levant à Bordeaux (125 millions d’euros), l’édification des campus Paris rive gauche (273 millions) et de celui de l’école polytechnique (100 millions), la mise en place d’une station d’épuration sur l’île de La Réunion (21 millions), la gestion des aéroports de Rennes et Dinard (45 millions de chiffre d’affaires annuel) tout en augmentant sa participation dans ses filiales administrant déjà les aéroports de Grenoble, Chambéry, Clermont-Ferrand et Quimper. Vinci, ancienne Société générale d’entreprises, ne fait que reproduire les pratiques de son ancien propriétaire, Vivendi (ex Compagnie générale des eaux), qui a bâti sa fortune sur la rente de l’eau.

Côté politique sociale, le groupe s’enorgueillit d’avoir recruté 10.000 « emplois durables » en France. Précisons que les contrats de 18 mois – qui peuvent être des CDD - sont considérés comme « durables ». La situation sociale de l’entreprise semble très loin d’être paradisiaque. La précarité y est largement développée. Le turn-over des salariés est de 32% selon le bilan social de l’entreprise. La grande majorité des départs sont des fins de CDD ou de contrats en alternance, sans compter un recours important à l’intérim (équivalent à 10% des effectifs). Autant de salariés qui ne participent pas aux bénéfices. Le taux d’absentéisme y est important. Dans l’activité « route », qui comprend une partie des autoroutes anciennement publiques aujourd’hui privatisées, il atteint plus de 17 jours d’absence (plus de trois semaines de congé maladie) par an et par salarié. Soit le double du taux d’absentéisme moyen dans le privé. « En 2007, chacun d’entre nous a rapporté en moyenne 9 000 euros de plus-value annuelle au groupe qui s’endette par sa boulimie de croissance externe par le rachat d’entreprises », s’indignait la CGT, demandant, au vu des millions d’euros de primes et parachutes dorées que se sont accordés les membres du conseil d’administration fin 2008, à ce qu’il n’y ait aucun salaire en dessous de 1600 euros.

Consommateurs floués

Quant à GDF-Suez, l’entreprise est en situation de quasi-monopole. Depuis 2004, alors que la privatisation progressive de Gaz de France commence, la multinationale ne cesse de critiquer le tarif réglementé du gaz, fixé par l’Etat. Le tarif réglementé lui aurait fait perdre 1,6 milliards d’euros entre 2004 et 2008. Cela n’a pas empêché l’entreprise de réaliser en 2008 le plus gros bénéfice de son histoire : 6,5 milliards d’euros, dont les trois quarts ont été reversés aux actionnaires (dont l’Etat). Ces « pertes » n’ont pas gêné outre mesure le PDG Gérard Mestrallet qui, en plus de la vente de ses stock-options fin 2009, s’était accordé en 2008 une augmentation de 15% avec un salaire supérieur à 264 000 euros mensuels [3]. Étrange coïncidence : l’année 2008 s’est soldée pour le consommateur d’une hausse de 15% de sa facture de gaz, sans que le service rendu se soit amélioré.

La fédération de consommateurs UFC Que Choisir pointe la dégradation des réseaux de distribution, de GDF comme d’EDF : « Ces réseaux se dégradent insensiblement depuis des années. Les transformateurs sont moins bien entretenus, les canalisations tardent à être remplacées (…). Le niveau de sécurité reste largement acceptable, mais l’ensemble devient plus fragile et les pannes plus fréquentes. » En parallèle, un mouvement social mené au printemps 2009 dans les filiales de distribution de GDF et d’EDF, dénonçait les inégalités de salaire, la dégradation des conditions de travail ou le recours de plus en plus massif à une sous-traitance aux dépens de la qualité. Ces grèves ont été brutalement réprimées en interne. La prédation des richesses publiques par la nouvelle oligarchie au pouvoir se poursuit en toute impunité, sous la protection du bouclier fiscal.

Ivan du Roy

Notes

[1] Xavier Huillard, PDG de Vinci perçevait en 2008 un salaire mensuel supérieur à 124 000 euros.

[2] L’Expansion, juin 2007.

[3] Selon le magazine Challenges (2 avril 2009)

Davos : pendant la crise, les profits continuent

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Après une édition 2009 du forum économique sous le signe de la crise, celle-ci semble être oubliée en ce mois de janvier.

Après avoir fait pleurer dans les chaumières sur TF1, en prenant fait et cause pour les caissières qui « devraient pouvoir travailler plus », les enseignants précaires qui devraient « être titularisés » et autres hypocrisies, super Sarko est retourné au bercail. Car lorsqu’ils sont entre eux, les riches sont partout chez eux. Et c’était bien le cas à Davos, petite station de ski de la Confédération helvétique qui regroupait pour la quarantième fois les puissants de la planète. Sarkozy a donc fait l’ouverture du forum économique de Davos en jouant la partition de la moralisation du capitalisme devant un auditoire pour le moins sceptique et à la limite de l’ennui.

Comme le relate la presse, dans un sens de l’euphémisme consommé : « Pas de standing ovation pour Sarkozy ». Mais le super président ne s’est pas arrêté là. Il a déclaré que : « C’est bien de prendre des décisions au G20, encore faut-il qu’elles soient mises en œuvre ! » On y croirait presque. Alors ne reculant devant aucune rodomontade, il a expliqué que lorsque la France organiserait G20 et G11, alors là, ils verraient bien ce qu’ils allaient voir! Même pas peur, pour tout dire.

Car, à supposer qu’il y ait autre chose dans les paroles de Sarkozy qu’un discours de circonstances quel­ques semaines avant les élections régionales, la réalité est que l’Union européenne en général et la France en particulier ne pèsent pas grand chose quand il s’agit de convaincre les puissants. Et une des conclusions de cette dernière édition de Davos est que la stabilité et l’avenir du capitalisme ne se joueront pas, à terme, dans les pays du Nord, mais en Asie et en Amérique latine.

Et de ce côté-là, la morale, même lorsqu’il ne s’agit que de discours n’est pas de mise. La Chine affiche pour 2009 une croissance de près de 9 % et l’Inde est à peine plus bas. Pour autant, les banquiers ont fait profil bas et sont venus moins nombreux qu’à l’accoutumée. Et ceux qui étaient là se sont insurgés : comment, on nous demande des comptes ? Ce n’est pas comme si les banques étaient à l’origine de la crise financière ! Une fois de plus, les États sont les bienvenus lorsqu’il faut injecter des milliards pour sauver les entreprises de la faillite, mais à condition qu’ils sachent se retirer sur la pointe des pieds.

Comme le disait un banquier français1 « À vouloir trop encadrer le risque, on risque de le tuer. Or l’entreprise et avec elle l’emploi, c’est au départ une prise de risques. » Il oublie juste de préciser que les risques sont toujours payés par les travailleurs qui font les frais des crises économiques.

Alors, le bilan de ces quatre jours de Forum économique dont le mot d’ordre était « repenser, reconstruire, redessiner le monde » ? Business as usual...
Alors que les 2 500 chefs d’entreprise, gouvernants, universitaires... faisaient en sorte que rien ne change, 30 000 altermondialistes retrouvaient le chemin de Porto Alegre, au Brésil, pour le 10e Forum social mondial. Ils ne pouvaient que se féliciter d’avoir su prédire que le système libéral courait à sa perte et que leurs préoccupations en termes de régulation ou de taxation seraient reprises au à Davos. Pour autant, ils étaient nombreux à dire que de nouvelles propositions devaient être formulées.
Dominique Angelini

1. cité par La Tribune du 1er février

L'eau toujours polluée...



Environnement: les rivières toujours mal en point

L'affaire des algues vertes sur les plages bretonnes est loin d'être terminée. La veille de Noël encore, les habitants d'Hillion (Côtes-d'Armor) apprenaient la suspension par le tribunal administratif de Rennes d'un arrêté municipal ordonnant la fermeture d'un site de compostage de ces algues au motif qu'il était saturé. La spectaculaire prolifération de ces végétaux - dont la décomposition produit des émanations toxiques - n'est pas, loin s'en faut, la seule conséquence de l'excès des nitrates présents dans les rivières, qui résulte lui-même de l'emploi massif d'engrais azotés par les agriculteurs. S'y ajoute notamment le développement de microalgues dans les cours d'eau (eutrophisation), qui y perturbe, voire détruit toute vie. Sans oublier les surcoûts liés aux traitements pour rendre l'eau potable.


Antoine de Ravignan

Alternatives Economiques - n°288 - Février 2010

Plus de HLM chez les riches ?

Le gouvernement insiste sur la nécessité d'adapter le parc social aux demandes les plus pressantes des mal-logés, en ciblant les zones tendues, les jeunes et les précaires. Sur le terrain, la mise en œuvre n'est toutefois pas aussi simple que sur le papier.

Par exemple, la précédente ministre du Logement, Christine Boutin, avait lancé une offensive similaire, en reprochant aux organismes HLM de ne pas loger les plus nécessiteux. Dans les faits, la rotation du parc, qui consisterait à faire partir les ménages qui se sont enrichis depuis leur entrée dans les lieux, ou à faire déménager les personnes âgées qui vivent seules dans des appartements familiaux, n'est pas simple à mettre en œuvre, tant ces situations humaines sont délicates à gérer.

Mais si le gouvernement souhaite atteindre son objectif de faire correspondre l'offre à la demande sociale, il peut avancer sur trois pistes, qui sont concrètement plus simples à emprunter mais qui nécessitent soit des budgets plus importants soit un bras de fer politique délicat. La première est la plus connue : construire des HLM dans les communes qui en comptent peu, et donc faire appliquer l'article 55 de la loi SRU, qui impose 20 % de logements sociaux dans les communes des agglomérations. Cela passe par des objectifs plus ambitieux, plus sociaux et appliqués à davantage de communes, une augmentation des pénalités à payer en cas de refus par les maires d'atteindre leurs objectifs et par la substitution de l'Etat en cas de mauvaise volonté manifeste des élus locaux.

La seconde consisterait à lutter vraiment contre les discriminations. En effet, on constate que les ménages immigrés attendent en moyenne deux fois plus longtemps un HLM que les autres, alors même qu'il leur est plus difficile de se loger dans le privé pour les mêmes raisons (préjugés des bailleurs, difficulté à trouver des cautions solidaires sur le territoire...). D'après une étude du Groupe d'études et de lutte contre les discriminations (GELD) de 2002, anonymiser les demandes de logement social permettrait de mettre les demandeurs à égalité, quels que soient leur patronyme ou leur lieu de naissance.













Mais la marge de manœuvre la plus importante pour répondre aux besoins réels des demandeurs de HLM reste la construction de logements « vraiment » sociaux (c'est-à-dire des PLA-I ou des PLUS, plutôt que des PLS). Or, on n'en prend pas le chemin. Ces cinq dernières années, l'augmentation de constructions de HLM repose essentiellement sur celle des prêts locatifs sociaux (PLS), des logements dits « sociaux » qui en réalité s'adressent aux catégories intermédiaires, et ont l'avantage de ne rien coûter à l'Etat en termes d'aides à la pierre. Décidément, résoudre la crise du logement sans débourser un centime est une mission difficile pour Benoist Apparu.

MD - Alternatives Economiques (4 Février 2010)

Le collectif de mal-logés Jeudi Noir, qui occupe un hôtel particulier place des Vosges à Paris, vide depuis 47 ans, a été condamné à l'expulsion et à 25 000 euros d'indemnités par mois d'occupation supplémentaire. Une décision encore trop clémente pour Jean Perrin, le président de l'Union nationale de la propriété immobilière: il estime que cette occupation, "c'est exactement pareil que le pirate qui va prendre une classe de petits gamins en otage". Mais que fait le GIGN?

jeudi 4 février 2010

Voile, NPA et laïcité - Regards croisés

« Cher Jean-Luc Mélenchon, tu dérapes ! »

de Philippe Marlière Maître de conférences à Londres





Dans une interview accordée à Marianne, Jean-Luc Mélenchon a commenté la candidature aux régionales d’Ilham Moussaïd. Cette jeune femme voilée est candidate sur la liste NPA du Vaucluse. Pour le sénateur, cette candidature, ce « n’est franchement pas une bonne idée » et « tout ça est régressif ». Bloggeur sur Rue89 et militant au NPA, Philippe Marlière, lui répond.

Cher Jean-Luc,

Nous avons eu droit à la grand messe sur l’identité nationale des sécuritaires Besson-Hortefeux (un « débat » pour attrape-nigauds ou pour fachos de tout poil). Puis, ce fut au tour du couple Gérin-Raoult, les pieds-nickelés de l’ordre républicain (et « éradicateurs » de burqas). Aujourd’hui, nous enchaînons avec la chasse à la candidate « islamiste » du NPA. Manque de pot, cette fois-ci, c’est toi qui lance la meute contre Ilham Moussaïd. Que tu le fasses à partir d’une feuille réactionnaire (la mal-nommée Marianne) ajoute encore au trouble.

Tu dis que cette candidature est « régressive ». Qu’en sais-tu ? Connais-tu la candidate ? As-tu discuté avec elle de ses opinions politiques ? Qu’est-ce qui te permet de douter de son engagement féministe, laïque et de gauche ?

Tu affirmes que cette candidature est « immature ». Pourquoi ? En quoi le choix d’une femme dont les parents sont issus de l’immigration serait « immature » ? Cette initiative que tu qualifies subtilement de « racoleuse » vise en réalité à présenter une jeune femme d’origine populaire et qui est politiquement active dans sa région. Où est le mal ?

En quoi Ilham Moussaïd est-elle une candidate religieuse ?

On peut opposer cet acte pleinement politique à la pitoyable drague des « minorités visibles » par les partis de gauche (un terme hypocrite et impropre, car on sait bien que l’on s’intéresse ici au caractère ethnique des personnes). Dans ce cas, contre la mise en scène de la couleur sur une liste, des partis de la gauche laïque cèdent quelques strapontins à des minorités normalement invisibles. Qu’as-tu à dire de cette tartufferie électorale ?

Plus fort encore : tu affirmes que le NPA « entraîne le débat sur le terrain religieux ». En quoi Ilham Moussaïd est-elle une candidate religieuse ? Rien dans son discours public de militante ne te permet d’étayer cette accusation gratuite.

Allons, cessons de tourner autour du pot : ce qui te pose problème, ce n’est ni la candidate, ni ses origines ethniques ou sociales, mais le fait qu’elle porte un foulard. Un foulard ! Quelle horreur ! Et te voilà déclinant le prêt-à-penser soi-disant laïque : le foulard, c’est mal, ce n’est pas républicain, ce n’est pas progressiste, etc.

Tu es l’un des rares hommes politiques français qui lit, réfléchit, débat, tente de comprendre et d’interpréter le monde tel qu’il est. Quelle déception de te retrouver attablé au café du communautarisme laïcard. Le foulard est un « signe de soumission patriarcale » assènes-tu. Qu’en sais-tu ?

Le foulard n’a intrinsèquement rien à voir avec cela. Dans certaines situations, une femme voilée peut en effet être soumise à la domination masculine, mais c’est loin d’être une règle générale. Inversement, nombre de femmes en apparence « libérées » et « modernes » vivent sous le joug tyrannique de conjoints.

La domination patriarcale s’inscrit avant tout dans les rapports hommes-femmes au quotidien. Une femme qui a librement décidé de porter le voile et qui mène une existence autonome sera toujours plus libre que celle sans voile qui, du foyer au bureau, sera cantonnée à des rôles mineurs, parce que femme.

Cette laïcité est celle de l’intolérance et du refus de la différence

Nous avons toi et moi longtemps appartenu au Parti socialiste, où il est de bon ton de stigmatiser les « voilées ». C’est dans ce parti que j’ai pu observer les manifestations les plus machistes et misogynes, sans que cela ne suscite aucun tollé chez les éléments masculins : blagues sexistes, intimidations physiques et, last but not least, infractions délibérées à la loi sur la parité. C’est drôle, dans ces cas-là, personne ne s’élève contre la « domination patriarcale ».

Tu affirmes enfin qu’Ilham Moussaïd « divise » et qu’il lui faut « tirer les leçons de l’Histoire de France (…) parce que nous avons connu trois siècles de guerre de religion ». Si ce n’est pas un dérapage de ta part, cela y ressemble de près.

En quoi le foulard d’Ilham serait-il comparable à nos guerre de religions, à la déportation des juifs par la police française ou encore à la « mission émancipatrice » laïco-chrétienne en Algérie ? Il faut garder le sens de la mesure, Jean-Luc !

La laïcité qui décide comment il faut s’habiller sur la voie publique, qui prétend interpréter le sens que l’on donne à son apparence physique et qui exclut les têtes (et les voiles ! ) qui dépassent, ce n’est pas la laïcité : c’est l’intolérance et le refus de la différence. Jean-Luc, laisse cela aux Besson, Hortefeux, Gérin et Raoult.

Avec mes salutations amicales et navrées.

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Foulard et laïcité

par Raoul Marc Jennar - jeudi 4 février 2010

Je suis pro­fon­dé­ment convaincu que la laï­cité est le plus accep­table des cadres légaux pour qu’ensemble des femmes et des hommes qui croient ou qui ne croient pas en quelque dieu que ce soit puissent avoir en com­mun une même volonté de trans­for­ma­tion de la société en vue de l’émancipation.

Je suis aux côtés des femmes qui ont lutté et luttent encore âpre­ment pour la libre dis­po­si­tion de leur corps et de leur vie. Mais cela ne me paraît pas incom­pa­tible avec les réponses qu’elles se donnent per­son­nel­le­ment aux grandes ques­tions fondamentales.

Une femme qu’elle soit de confes­sion musul­mane, de confes­sion chré­tienne ou de confes­sion hébraïque, peut très bien défendre le droit des femmes à l’IVG et, éventuellement, le refu­ser pour elle-même.

On se bat pour des liber­tés — même celles dont on n’entend pas user - pas pour des inter­dits. On se bat pour refu­ser que les inter­dits des reli­gions deviennent (ou demeurent) des inter­dits de toute la société.

Les moti­va­tions à l’origine du port d’un signe dési­gnant une opi­nion (la croix des chré­tiens, le fou­lard des musul­manes, la kippa des hébreux) ou une adhé­sion ( la branche d’acacias des francs-maçons) sont mul­tiples. J’observe que cette moti­va­tion va du simple signe de recon­nais­sance à la mani­fes­ta­tion déli­bé­rée d’une soli­da­rité entre oppri­més. A l’image du kef­fieh, signe de soli­da­rité avec le peuple palestinien.

Des femmes du NPA s’insurgent parce qu’une mili­tante de ce parti, Ilham, porte le fou­lard alors qu’elle est can­di­date dans le Vau­cluse pour les élec­tions régio­nales. Pour­tant, à ce qu’il me revient, Ilham défend avec beau­coup de déter­mi­na­tion les objec­tifs de son parti tels qu’ils sont for­mu­lés dans les prin­cipes fon­da­teurs du NPA. Sans la moindre restriction.

Il me semble qu’il y a, chez ces mili­tantes hos­tiles à la can­di­da­ture d’Ilham, une confu­sion. Un amal­game entre croyance et église. Nul ne peut nier que ceux qui ne sont pas croyants ont été vic­times pen­dant des siècles de la tyran­nie de l’Eglise catho­lique. Mais des chré­tiens l’ont été égale­ment : les Cathares, les Pro­tes­tants et tous ceux qui, croyants, ne croyaient pas selon les dogmes et les rites conve­nus par l’église domi­nante du moment.

C’est le clé­ri­ca­lisme, c’est-à-dire le pou­voir de l’institution qui pré­tend déte­nir la juste inter­pré­ta­tion de la croyance et — logique mono­théiste — l’imposer à toutes et tous, qui a infligé des souf­frances immenses à telle enseigne qu’on peut qua­li­fier de crimes contre l’humanité les maux infli­gés par l’Eglise catho­lique et son clergé. Comme d’autres églises d’ailleurs, puisque le mono­théisme porte en lui l’intolérance, l’arbitraire et le totalitarisme.

Le com­bat contre le pou­voir des églises n’est d’ailleurs pas ter­miné loin s’en faut. Les exemples abondent dans la Répu­blique française pro­cla­mée laïque des avan­tages concé­dés par les pou­voirs publics à des ins­ti­tu­tions rele­vant d’une église. Autre exemple, lors de la confé­rence de l’ONU sur les droits de la femme, on a vu l’alliance des cler­gés des grandes reli­gions mono­théistes s’opposer au droit fon­da­men­tal de la femme à dis­po­ser d’elle-même. Une alliance qui se reforme chaque fois que les droits des femmes sont en débat dans les enceintes internationales.

Croire ou ne pas croire est une liberté indi­vi­duelle fon­da­men­tale. Sauf à bri­mer la liberté de pen­sée, ce n’est pas la reli­gion qu’il faut com­battre, ce sont les ins­ti­tu­tions qui veulent l’imposer. Ce n’est pas l’opium qu’il faut com­battre, c’est celui qui le vend.

C’est le rôle des églises et non les croyances indi­vi­duelles qu’il faut com­battre. Ce qui peut, ce qui doit unir toutes les femmes et tous les hommes qui se réclament de la laï­cité, c’est le com­bat contre le pou­voir des églises sur la société. Pas la néga­tion des opi­nions personnelles.

Etre laïque, c’est être anti­clé­ri­cal ; ce n’est pas impo­ser l’athéisme. La laï­cité ce n’est pas la néga­tion des reli­gions, ni davan­tage la pro­mo­tion de l’athéisme. La laï­cité, c’est le refus de don­ner à quelque clergé que ce soit une emprise sur les choix de la société. Léon Gam­betta le rap­pe­lait : “le clé­ri­ca­lisme, voilà l’ennemi !”

Que la pré­sence d’Ilham, cou­ra­geuse révé­la­trice d’un débat essen­tiel, sur une liste pour les élec­tions régio­nales pose pro­blème à des membres de son parti témoigne des limites de ceux-ci quand ils pré­tendent lut­ter pour l’émancipation. L’émancipation ne signi­fie pas l’alignement des opi­nions per­son­nelles sur un mode de pen­sée unique. “La liberté, c’est d’abord la liberté de celui qui pense autre­ment” (Rosa Luxemburg).

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Here we go again... (CSP)

Il va donc falloir, encore, revenir sur cette histoire de voile puisque comme vous ne l'ignorez certainement plus depuis hier, un comité NPA nous a fait la délicieuse surprise de présenter une candidate voilée aux régionales. Déjà, on cille quelque peu. Qui plus est, je ne peux pas cacher un certain agacement d'avoir découvert la nouvelle à la lecture du Figaro, puisqu'il est relativement désagréable on en conviendra d'apprendre ce qui se passe dans son propre parti en lisant la presse de droite...laquelle a, dixit OB, "caricaturé" ses propos et d'émettre un rectificatif qui réussi l'exploit d'accroitre encore plus la confusion. Puisque quand notre Lider à vélo sort :

"Ilham est la preuve qu'on peut être au NPA et porter le voile".

Et bien c'est précisément là que ça coince un peu.
Parce qu'il m'avait semblé précisément que militer dans une organisation politique qui est tout de même relativement plutôt de gauche quand même, ça n'allait pas vraiment dans le sens de ce genre de choses...

Précisons d'emblée que je ne connais pas personnellement Ilham Moussaïd et que partant je me garderai évidemment d'émettre le moindre jugement sur une camarade dont tout laisse à penser qu'elle est sincère dans son engagement militant, la question n'est pas là. De plus, comme c'est hélas la coutume dans ce genre d'histoire, on parle beaucoup d'elle en ce moment, alors qu'il serait bien plus intéressant de lui offrir la possibilité de s'exprimer elle-même là-dessus. Vu que c'est tout de même la principale intéressée, ça serait la moindre des choses.

En attendant, il reste tout de même l'épineuse question de ce satané voile. Et comme il ne faut jamais avoir peur de répéter les évidences, remettons-en une couche dans la joie :

Le voile n'est pas un particularisme culturel anodin.
Ce n'est pas non plus un signe "d'émancipation", faudrait quand même pas déconner.
Le voie est un symbole d'oppression.
D'oppression.
Oui, je me répète mais il y a peut-être des centristes qui me lisent.
Le voile est un symbole d'oppression. Là. C'est clair, comme ça ?

Ce qui pose au passage la question de cette déconcertante faculté de certains camarades à suspendre leur athéisme, pour ne pas dire à le jeter par dessus bord dès qu'il est question de l'Islam...les mêmes que y a pas plus anti-calotins et pourfendeurs de l'opium du peuple à l'Ouest du Pécos, dès qu'il est question de la religion musulmane, ce sont circonvolutions emberlificotées pour justifier que non, c'est pas la même chose, et que c'est une religion d'opprimés et que c'est pas pareil, etc.
Alors bon, toujours dixit OB, "Le NPA est un parti qui lutte contre toute forme d'oppression et d'exclusion", ce qui est fort bel et bon. Et si les musulmans sont opprimés dans nos riantes contrées, il n'est que justice que nous prenions fait et cause pour eux.
Ensuite, on peut avoir un soutien réel et sincère sans pour autant trouver "normales" les manifestations les plus archaïques et rétrogrades de certaines traditions religieuses. Ce qu'est le voile.

Oui, au fait : le voile est un symbole d'oppression. Non, dès fois que ça ne serait pas clair, faut pas hésiter à en remettre une couche, hein.

Être solidaire d'une minorité implique t-il d'être totalement acritique quant à tous ses particularismes ?
Le fait, objectif, d'appartenir à une minorité opprimée doit-il abolir tout jugement quant aux aspects les plus gênants revendiqués par la dite minorité ?

Alors bien évidemment que dans un contexte particulièrement puant de sordide "débat" sur l'identité nationale qui à viré à la stigmatisation anti-arabes, présenter une femme voilée peut apparaître comme un message politique provoquant pour faire un gros doigt à ces guignols qui déguisent leur islamophobie hystérique, voire leur bon gros racisme décomplexé en défense sourcilleuse d'une "laïcité" à géométrie variable qui comme par hasard ne concerne que les arabo-musulmans ; certes...

...mais il n'est pas certain en revanche que la façon dont on pose la question soit la plus pertinente qui soit.
Pour dire les choses franchement, ce genre d'initiative sent un peu très fort la démagogie et la tentative de récupération d'un vote des banlieues dont il n'est pas du tout certain qui plus est qu'il se porte nécessairement sur nous. La camarade est "représentative des quartiers " ? Ce qui signifierait que toutes les femmes dans les quartiers sont voilées ? Soyons sérieux, ce n'est tout simplement pas le cas. Même si effectivement, des jeunes femmes d'origine maghrébines peuvent très bien porter le voile non pas spécialement par conviction religieuse affirmée, mais pour exprimer une révolte contre la stigmatisation dont elles font l'objet, par manière de provocation contre cette ambiance de racisme même plus caché qui pèse comme un couvercle de plomb sur les populations musulmanes de ce pays...

On voit donc que cette question du voile est très délicate et complexe, et ne va pas manquer de provoquer de houleux débat en interne. Moi-même, j'ai comité ce soir et je pense que ça risque de ne pas être très serein...

Sauf qu'à un moment, il faut trancher. Sinon, on avance sur rien.
Alors bon, le mal est fait, on ne va évidemment pas demander à la camarade de retirer sa candidature et on verra bien au final si cette initiative porte les fruits escomptés politiquement parlant. Ce dont j'ai tendance à douter perso, mais c'est mon opinion à moi.
Mais il faut arrêter de se raconter des histoires : l'UMP et le FN hurlent sur un voile qu'ils mettent complaisamment en avant comme symbole de leurs fantasmes d'immigration massive, donc nous on va le défendre ???

C'est mal poser une question pour obtenir à la fin des réponses déplaisantes.


Précarité dans la fonction publique : Sarko super menteur ?

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Contrairement aux déclarations de Sarkozy, sa politique augmente la précarité dans la fonction publique, alors qu’elle atteint déjà des niveaux records.
Lors de son show télévisé, Sarkozy s’est dit prêt à « envisager la titularisation progressive des contractuels » de la fonction publique. Cette déclaration est en totale contradiction avec la politique menée par le gouvernement.
Près d’un million de personnes sont non titulaires dans les trois fonctions publiques d’État, territoriale et hospitalière. 15 % des personnels ont un contrat précaire de droit public, sans compter les dizaines de milliers d’emplois aidés de droit privé. L’État est de loin le plus gros employeur de précaires. C’est un système généralisé qui permet de moins payer les personnels, les mettre sous pression, casser les conditions de travail, affaiblir les syndicats…
Si l’annonce de Sarkozy était réellement mise en œuvre, elle concernerait 24 % des agents de la fonction publique territoriale (les collectivités territoriales, dont les régions), où la précarité est la plus développée. Certains secteurs ne reposent que sur des précaires : 99,6 % de non-
titulaires dans les métiers d’assistante familiale, 88 % des animateurs de relais assistantes maternelles, 64 % des animateurs de centres de loisirs et 50 % des enseignants artistiques. Contrairement à ce que dit Sarkozy, sa politique est à l’origine de l’augmentation de la précarité. Il multiplie les suppressions de postes : 80 000 postes d’enseignants titulaires en moins entre 2007 et 2012 (un emploi sur dix). Dans l’enseignement, la réforme des concours et la masterisation vont avoir pour résultat un volant de précaires supplémentaire, pour des salaires misérables (1 250 euros par mois pour un délégué auxiliaire à bac+5, s’il a un temps complet !).
Dans l’enseignement privé sous contrat, qui représente 20 % de l’Éducation, la précarité explose. Dans le secondaire sous contrat, un prof sur cinq est précaire (un sur vingt dans le public, mais en forte augmentation). Sur les 142 000 enseignants, 15,6 % sont non-­titulaires, dont 71 % de femmes et 45 % de temps partiel… Or on sait que bien souvent les profs du privé sous contrat sont un laboratoire des mesures qui sont ensuite généralisées à tous les autres.
Le gouvernement n’a entamé aucune négociation réelle sur cette question avec les syndicats. Il y a fort à parier que Sarkozy faisait référence à une mesure qui existe déjà : le CDI après six années consécutives de précarité ce qui revient en définitive, à imposer six années de période d’essai. Cette loi, mise en application en 2005 dans l’enseignement public et en 2007 dans l’enseignement privé sous contrat, ne sert qu’à généraliser et casser les statuts existants. Elle s’est substituée à des garanties de réemploi des non-titulaires qui existaient précédemment. Ce CDI, attribué de manière totalement arbitraire est dérogatoire à toutes les lois qui s’appliquent dans le privé. Le Medef en rêve, c’est l’État qui l’applique pour son propre compte.
Pour mettre fin réellement à la précarité dans la fonction publique, les seules mesures crédibles sont d’arrêter les suppressions de postes et de procéder à la titularisation de tous, avec les mêmes statuts que les titulaires. Loin de faire confiance aux fausses promesses de Sarkozy, les syndicats devraient profiter de ces déclarations pour informer et mobiliser sur la précarité, organiser et syndiquer les précaires, mener réellement la bataille contre les suppressions de postes. L’aggravation de la précarité concerne tous les salariés. La généralisation d’un double statut va accentuer la pression sur les statuts de titulaires et aggraver les conditions de travail de tous. À nous de convaincre dans les syndicats, qu’il est plus que temps de se mobiliser sur cette question, tous ensemble, titulaires et précaires.

Correspondant

Non au missile M51


Tir du missile M51 le 27 Janvier 2010 à Penmarc'h

29/01/2010

M51 : Revue de détails
Jean-Marie Collin - Alternatives Internationales

Voilà, c’est fait. Le couple, Le Terrible (sous-marin nucléaire lanceur d’engins de nouvelle génération / SNLE-NG) et le missile stratégique M51 ne font plus qu’un…ou plutôt savent se “séparer”, comme l’a annoncé ce 27 janvier, le Ministère de la défense: « la Direction générale de l’armement a procédé ce matin à 09h25 au tir expérimental du missile balistique stratégique M51 »…

Entre les côtes françaises et nord-américaines

27 janvier, 09h25, Le Terrible tire pour la première fois le missile nucléaire mer-sol M51. Indication assez rare, le Ministère de la défense a donné la zone de tir, la baie d’AudierneTerre-neuvienne VOCM, qui a annoncé son passage au dessus des baies Bonavista et Fortune. Si le tir est qualifié de réussi, on peut s’étonner de voir ce missile intercontinental (capable de parcourir entre 6 000 et 10 000 Km) ne réaliser une course balistique que de la moitié de ses capacités (moins de 5 000 Km)… (Finistère). Le missile a été tiré en direction de l’Atlantique nord, ce qui est confirmé par la radio

Un test pas si secret….

Depuis plusieurs jours, les rumeurs allaient bon train dans les milieux pacifistes et journalistiques sur l’imminence du tir du M51. Si la date exacte et l’heure de tir sont bien sûr totalement secret-défense, voici quelques éléments qui montraient son imminence :

  • Chaque année les rapports parlementaires apportent une foule de précisions pour ceux qui auront le temps de les relever. C’est ainsi que l’on pouvait lire dans l’Avis n°1127 sur le projet de lois de finance 2009 du Député Michel Sainte-Marie « deux tirs devront intervenir à partir du Terrible, l’un en 2009, l’autre en 2010 » ou encore l’Avis n°102 sur le projet de loi de finances pour 2010, des Députés Xavier Pintat et Daniel Reiner, « le tir de synthèse, réalisé à la mer, étant prévu pour décembre 2009 ». Ainsi un tir était bien prévu en décembre 2009 (d’où des opérations de pacifistes à cette période au Centre d’essais des Landes-CELM). Mais pour des raisons de difficultés techniques dans le programme M51, celui-ci a été décalé de presque 2 mois. On peut s’étonner ainsi, de lire la déclaration de François Auque, PDG d’EADS Astrium maître d’œuvre du programme M51 : « le déroulement du programme M51 était conforme au calendrier, dans le respect des coûts et des délais » ! Par ailleurs, comme l’indiquent ses deux rapports un second tir à partir du Terrible se déroulera en 2010 : « Le Terrible premier SNLE à être doté du nouveau missile M 51 dont le tir est prévu au deuxième trimestre 2010 ». Si l’on prend en compte le décalage du premier tir d’essai, sans doute cet exercice aura-t-il lieu en septembre/octobre…
  • Le Bâtiment d’Essais et de Mesures Monge, entré en service en 1992, a pour mission quasi-principale de suivre les essais des missiles balistiques ou tactiques (ASMP-A). Ainsi, avant chaque tir, le Monge se positionne dans une zone “réceptacle ” où retomberont les têtes (fictives !). Il existe deux zones l’une au large des Etats-Unis (4 000 Km) et la seconde au large du Brésil (6 000 Km). La presse locale des Açores annonçait la présence du Monge à Ponta Delgada le 14 janvier dernier, ce qui laissait prévoir ce tir de façon extrêmement proche, dans la zone nord américaine.
  • Il faut croire que les militants d’organisations pacifistes (Mouvement de la Paix) comme les membres du collectif “Non au missile M51” (avec les Désobéissants) disposent de bonnes sources de renseignements (militaires ? personnels civils du CELM ?). Ainsi, ils ont multiplié les opérations depuis décembre 2009 en occupant un des principaux radars du CELM (2 décembre) ou encore en pratiquant un lâcher de ballons pacifiste le 23 janvier dernier.
  • Enfin pour des raisons de sécurité aérienne et maritime, différents documents, transmis par les militaires aux autorités civiles sont visibles par les marins (Avurnav- Avis urgent aux navigateurs) et les compagnies aériennes (NOTAM- Notice to Airmen). Le respect de la zone d’exclusion aérienne est assuré par l’organisme international UAC/ACC. Bien évidemment, les pays alliés sont également informés du tir de ce missile, pour éviter toute mésaventure fratricide ….
  • Les indiscrétions journalistiques, qui annonçaient dès le 24 janvier le tir du M51.

Le M51 en détail

Selon les sources officielles (Ministère de la défense): le M51 est un missile de trois étages plus la coiffe (qui protège la charge utile) propulsé par du propergol solide, de 12 m de hauteur, 2,3 m de diamètre et d’une masse de 56 t. Sa capacité d’emport serait de six ogives thermonucléaires (comme son prédécesseur le M-45), pour une portée de 6 000 Km, soit un rayon d’action plus grand que le M-45 (4 000 Km). Sa mission est de transporter jusqu’à un point donné des ogives nucléaires, qui, se délivreront de la coiffe pour se diriger indépendamment les unes des autres vers leurs cibles. Le M51 qui équipera Le Terrible sera équipé des ogives TN75 (150 Kt) actuellement en dotation sur les missiles M45. Une seconde version du M51, le M51-2, sera lui disponible en 2015 pour porter les TNO (si le programme Simulation n’a pas trop de retard….).

Mais selon d’autres sources (presses spécialisées et rapports parlementaires), la portée du missile serait comprise entre 8 000 et 10 000 Km selon le nombre de charges nucléaires emportées (1, 4, 6, 10 ?). Ainsi, en allégeant sa masse, c’est-à-dire en diminuant le nombre d’ogives, sa portée sera augmentée. Ce missile permettra ainsi de tirer sur n’importe quelle ville du monde. Si, la plupart des rapports indiquent que le M51 emportera 6 ogives, un récent rapport du Député Myard vient semer le doute, car celui-ci indique « chacun [des M51] pouvant emporter de 6 à 10 têtes nucléaires ». Une donnée qui semble confirmée par un autre rapport parlementaire qui énonce « Plus gros que son prédécesseur, le M 45, il [le M51] dispose d’une capacité d’emport supérieure et adaptable,». Alors 6 ou 10 ogives nucléaires ?

Si, cette option se confirmait cela signifie que le sous-marin Le Terrible, pourra transporter au maximum 160 ogives nucléaires (16 missiles x 10 ogives), alors qu’actuellement les SNLE-NG qui sont équipés du missile M45 ne peuvent emporter que 96 ogives (16 missiles x 6 ogives).

Un missile couteux ?

Ce programme d’armement s’échelonne déjà sur une quinzaine d’années et se poursuivra sur les cinquante prochaines. La facture annoncée va être lourde. Le coût minimum est de 8,5 milliards d’euros, qui est à répartir entre le développement du missile et de son système de mise en œuvre à la base de l’île Longue (5,7 milliards d’euros) et le coût de réalisation des trois lots (48 missiles) plus une douzaine destinés aux tests soit 2,8 milliards d’euros. Ainsi, le coût unitaire de cette grosse “fusée vide” est de 142 millions d’euros, car à ce prix là, les ogives nucléaires ne sont pas incluses ! Tout porte à croire que la facture de départ sera bien plus lourde, non seulement en raison de surprise technologique de dernière minute, mais aussi à cause du prix du maintien en condition opérationnelle de cet armement qu’il faut ajouter et bien sûr du coût de démantèlement de ce système d’arme, qui n’est pas chiffré. Mais pas de problème, ce sera bien sûr, pour le M51 comme pour d’autres décisions, aux générations futures de payer !

La contestation militaire et pacifiste

Le M-51, véritable iceberg de la dissuasion, a ravivé et reformé les rangs des pacifistes français. Ceux-ci se sont cristallisés contre cet armement et on fait entendre leurs voix à travers différentes actions et campagnes regroupés sous la bannière du collectif « Non au M-51 ». Mais les militaires sont aussi présents dans cette contestation, comme le Général de réserve Étienne Copel, qui exprime son hostilité à ce missile pour des raisons économiques et stratégiques.

Le message de la France

À moins de 100 jours de la Conférence de révision du TNP (mai), la France a donc testé son M51. Selon son langage diplomatique, cette modernisation est réalisée « dans le strict respect de ses engagements internationaux ». Ce tir n’a pas fait l’objet semble t-il de protestation internationale officielle. Le message envoyé par la France est très clair, sa sécurité repose uniquement sur son arsenal nucléaire. Un dogme de la dissuasion nucléaire qui vient en total opposition par rapport aux multiples voix de par le monde qui appelle à diminuer le rôle de ces armes dans les politiques de défense. Il faut à ce titre noter que la France avait signé un texte « 13 étapes pratiques pour le désarmement nucléaire » lors de la conférence de révision du TNP en 2000, qui l’engageait (étape 9) à diminuer le rôle des armes nucléaires dans sa politique de défense …


27/01/2010

Tir du missile M51 : Communiqué du collectif 'Non au missile M51'

Le collectif 'Non au missile M51' condamne l'essai du nouveau missile nucléaire d'attaque M51, effectué ce jour à 9h25, depuis les côtes bretonnes par le sous-marin 'Le Terrible', essai prévu depuis le mois de décembre et régulièrement perturbé par des actions du collectif 'Non au missile M51' et de 'Sortir du nucléaire Cornouaille'.

La mise en service du missile M51, prévu en juillet 2010, soit 2 mois après la conférence de révision du Traité de Non Prolifération, placera définitivement la France au rang des états voyous, et surtout, laisse présager de l'attitude de la France à la table des négociations lors de cette conférence.

Nous appelons tout-e-s les citoyen-ne-s à se mobiliser pour infléchir la position du gouvernement français avant la conférence et le faire rentrer dans la voie du désarmement nucléaire, tel que l'impose ses engagements vis à vis de la communauté internationale.

Le collectif 'Non au missile M51' continuera de mener toutes les actions nécessaires, dans le respect de la non-violence, pour y parvenir et faire en sorte que la France s'éloigne de 'l'Axe du mal' auquel elle appartient désormais après le renouvellement et la modernisation de la totalité de son arsenal nucléaire.

Le 27 janvier 2010

Contact: Jean-Charles
Collectif Non au missile M51
svasti (à) no-log.org
06 47 19 71 89 / 05 58 04 81 60

Collectif Non au missile M51



27/01/2010

Quatrième tir d’essai du missile M51 - Communiqué du Ministère de la Défense

Hervé Morin, ministre de la Défense, exprime sa grande satisfaction après le succès ce jour du quatrième vol expérimental du missile stratégique M51 effectué, comme toujours, sans charge nucléaire.

Il adresse ses très vives félicitations à l'ensemble des femmes et des hommes de la Direction générale de l'armement (DGA), de la Marine nationale, du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) et des entreprises qui ont œuvré à sa réussite.

Le tir a été réalisé par la DGA, le 27 janvier 2010 à 9h25, depuis la baie d’Audierne (Finistère), à partir du sous-marin « Le Terrible ». Le lancement du missile s’est déroulé comme prévu. Le missile a été suivi tout au long de sa phase de vol par les moyens du centre DGA Essais de missiles de Biscarrosse et de Quimper et par le bâtiment d'essais et de mesures « Monge ».

Cet essai marque une étape importante dans la modernisation et l'adaptation du dispositif de dissuasion de la France dans le strict respect de ses engagements internationaux.

Le M51 est destiné à équiper à partir de 2010 les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de nouvelle génération (SNLE) de la force océanique stratégique.

Cette réussite démontre à nouveau l’excellence de la haute technologie que les industries françaises mettent en œuvre dans ce domaine.

Communiqué de presse - Paris, le mercredi 27 janvier 2010

DICoD
Centre Presse : Tél. : 01 44 42 54 02 – Fax : 01 44 42 41 22
presse@dicod.defense.gouv.fr

MINISTÈRE DE LA DÉFENSE - DÉLÉGATION Á L’INFORMATION ET Á LA COMMUNICATION DE LA DÉFENSE



27/01/2010

[Deux jours avant le M51] Un OVNI affole la côte Sud de Terre-Neuve


L’OVNI de Terre-Neuve.

La radio Terre-neuvienne VOCM fut la première à rapporter les témoignages d’habitants de la baie de Bonavista et la baie de Fortune : un objet ressemblant à une fusée ou un missile traversant le ciel lundi soir. Photos à l’appui, les habitants ont alerté les autorités canadiennes, notamment la Gendarmerie Royale.

Ces derniers auraient déclaré à certains habitants que le tir provenant de Saint-Pierre et Miquelon, une affirmation relayée par la presse Terre-neuvienne et immédiatement démentie par RFO St Pierre et Miquelon.

Les autorités canadiennes sont depuis muettes sur cette affaire et l’opinion publique Terre-neuvienne est désormais sur le pied de guerre.

Tir de missile Français depuis la Bretagne

Selon l’Agence France-Presse un tir de missile nucléaire M51 fut réalisé avec succès dans l’Atlantique Nord depuis la baie d’Audierne dans le Finistère au sud de Penmarc’h. Le ministère de la défense se refuse actuellement d’indiquer la direction des tirs d’essais.

En 2006, le gouvernement du Canada aurait demandé à la France de ne pas effectuer ces tirs de missile au-dessus de l’Atlantique Nord pour diverses raisons d’ordre sécuritaire et économiques. En effet, lors des tirs de ce genre, le trafic aérien doit être détourné.

Le missile vu sur la côte sud de Terre-Neuve est-il le M51 ?

Selon diverses sources officielles, le tir de missile M51 fut effectué à 09h25 heure française mercredi matin (0825 TU). Selon la chronologie des témoignages des habitants de la côte sud de Terre-Neuve, l’objet non identifié aurait survolé la région le lundi soir.
SourceRadio Barachois (Canada)

Non à l'ouverture d'un camp d'internement des étrangers !

Pétition et informations sur la campagne

ADDE - Comede - ELENA-France - Emmaüs - Gisti - La Cimade - Ligue des droits de l'homme - Migreurop - MRAP - Réseau Education Sans Frontières - Secours Catholique - Syndicat des Avocats de France - Syndicat de la Magistrature

Centre de rétention du Mesnil 2 :
non à l'ouverture d'un camp d'internement des étrangers !

Alors que les audiences du procès des inculpés de l'incendie du centre de rétention de Vincennes se poursuivent, l'administration s'apprête à créer à nouveau les conditions d'un drame.

La construction du nouveau centre de rétention du Mesnil-Amelot (77) est achevée. L'ouverture est prévue dans quelques semaines. Avec 240 places de rétention, ce centre sera le plus grand de France. Il s'ajoutera au premier centre de rétention du Mesnil-Amelot qui compte déjà 140 places.

L'entrée en fonction de ce véritable camp marque une nouvelle étape de ce que les associations de défense des droits des migrants ont qualifié depuis 2004 d'industrialisation de la rétention. D'exceptionnel, l'enfermement des personnes en situation irrégulière devient peu à peu un outil banal de la politique migratoire.

Le centre de rétention comptera 240 places dont 40 places réservées aux familles. Il est organisé en 6 unités de vie de 40 places autour de deux bâtiments administratifs jumeaux eux-mêmes reliés par une passerelle de commandement. Une double enceinte grillagée et barbelée entoure l'ensemble du camp. Des dizaines de caméras, des détecteurs de mouvements s'ajoutent à cet univers carcéral.

Comme pour le CRA de Vincennes, l'Administration utilise la fiction de deux centres de rétention mitoyens pour contourner la réglementation : celle-ci limite à 140 places la capacité d'un centre de rétention.

La construction envisagée de deux salles d'audiences à proximité immédiate du camp instituera une justice d'exception éloignée de tout regard de la société civile.

Un centre de 240 places représente une moyenne de 40 arrivées par jour (c'était le cas au CRA de Vincennes avant l'incendie du 22 juin 2008). Comme l'a montré la situation de Vincennes, ce type d'univers déshumanisé favorise, encore plus qu'ailleurs, le non-droit, les violences, les auto-mutilations et les tentatives de suicide.

Les associations signataires s'opposent à l'ouverture du futur centre de rétention du Mesnil Amelot. Elles dénoncent la criminalisation des migrants et appellent les citoyens et les élus à se mobiliser contre l'internement administratif des étrangers.

mercredi 3 février 2010

Le NPA aux Régionales


"Le Baiser de la Lune"

Chatel: pas de film sur l'homosexualité à l'école

Libération Rennes -03 Janvier 2010 - SOCIETE - Comment parler des relations amoureuses entre personnes du même sexe aux enfants? C’est en substance la question que s’est posé Sébastien Watel, réalisateur rennais, lorsqu’il s’est lancé dans la réalisation du “Baiser de la Lune” un court-métrage d’animation qu’il destine aux écoliers de CM1/CM2. “Le baiser de la lune dépeint, de façon poétique, différentes façons de s’aimer, dont celle de deux “poissons-garçons, explique t-il sur le site du film. Il s’agit de montrer que deux hommes ou deux femmes peuvent s’aimer, même si leurs amours paraissent différents ou impossibles. Ce film d’animation s’adresse à un public enfant, afin de lutter contre l’homophobie survenant à l’adolescence. Au-delà de la problématique homosexuelle, ce film est une lutte contre les discriminations, par un apprentissage du respect de l’autre et de sa différence.” Lire la suite...

L’histoire? Un conte très enfantin où Félix, le poisson-chat, promis à Clara - comme les princes ont de tout temps été promis aux princesses - tombe amoureux de Léon, un poisson-lune. Et cela sous le regard incrédule et perplexe de “la vieille Agathe”, sa grand-mère chatte, qui évoluera vers plus de compréhension. Il n’en fallait pas davantage pour déclencher les foudres du journal Minute qui dénonce un projet “con comme la lune” ou de l’hebdomadaire de la “droite libérale” les 4 Vérités qui a lancé sur son site internet une pétition intitulée: “halte aux incitations homosexuelles dans les écoles primaires”.

En voilà assez ! Ce sont nos enfants qu’il s’agit de défendre, c’est leur intégrité mentale qui est menacée par ce genre de projet”, s’indigne le texte de la pétition. Une association qui milite contre l'homoparentalité au nom de la "défense de la famille", le Collectif pour l'enfant, a dénoncé dans un communiqué "une intrusion dans l'intimité de jeunes enfants". La présidente du parti chrétien-démocrate Christine Boutin a demandé de son côté dans une lettre ouverte au ministre de l'Education Luc Chatel "l'interdiction de la diffusion du film" dans les écoles, "au nom du respect de la neutralité de l'Education nationale".

Chatel: "Ce film n’a pas vocation a être projeté en primaire"

La réponse du ministre Luc Chatel n'a pas tardé. Interrogé sur RMC mercredi, il a déclaré: "Je dis oui à la lutte contre l’homophobie, oui à la lutte contre les discriminations, oui à la sensibilisation de nos lycéens et de nos collégiens, mais je pense que traiter ces sujets en primaire, ça me semble prématuré (…) ce film n’a pas vocation a être projeté en primaire." Et d'insister: ce film est «une initiative privée, ce n’est pas une initiative du ministère de l’Education nationale, elle n’est pas financée par le ministère.»

Dans un communiqué, les associations SOS-Homophobie et Inter-LGBT qualifient au contraire de «regrettable» la décision de Luc Chatel. «Nous en appelons au Ministère de l’Education nationale, afin qu’il affirme la nécessité d’aborder les relations amoureuses dans leur diversité dès l’école primaire, et soutienne le projet Le Baiser de la lune, ainsi que toute autre action, privée ou publique, qui aiderait à une meilleure acceptation de l’homosexualité à l’école.»

Vives réactions

Sébastien Watel avoue avoir été surpris par la virulence des réactions alors que la réalisation de son film, qui doit durer 26 minutes et mobilise six à huit personnes dans les locaux des Ateliers du Vent à Rennes, n’en est encore qu’à ses tout débuts.

“Il s’agit d’abord d’une belle histoire d’amour, souligne t-il, qui cherche simplement à donner une vision de l’amour moins stéréotypée que dans les contes habituels, de montrer qu’il y a d’autres manières de s’aimer”. Le film a reçu le soutien du magazine Têtu, de SOS Homophobie, mais aussi du Conseil régional de Bretagne, des conseil généraux des Côtes d’Armor et du Finistère, du CNC (1) ou encore de la Ville de Rennes. “Les réactions que ce film suscitent justifient déjà à elles seules qu’on le soutienne et nous confortent dans notre décision,Celà prouve que l’homophobie, ça existe encore. commente Marie-Anne Chapdelaine, adjointe au maire de Rennes.

Pour Gaëlle Abily, vice-présidente du Conseil Régionale à l’égalité, les réactions hostiles au film ne sont également qu’une manifestation supplémentaire d’une homophobie bien présente, d’intolérance et de refus du respect des uns et des autres. Pour l’heure, l’inspection académique d’Ille et Vilaine reste prudente et demande à voir. L’I.E. a demandé au réalisateur de retirer le logo de l’éducation nationale qui figurait sur le site du film sans qu’il y ait eu un accord formel préalable. “La lutte contre les discriminations et l’homophobie est une réelle préoccupation du ministre de l’éducation nationale, souligne Jean-Charles Huchet, inspecteur d’académie. Mais il s’agit de questions extrêmement délicates et toute démarche éducative demande réflexion, pour vérifier par exemple si le produit proposé est bien conforme aux publics auxquels il s’adresse. En l’occurrence, je ne peux pas prendre position sur quelque chose qui n’est pas fini et que je ne connais pas”.

Le film, dont le budget de 150 000 euros est presque bouclé mais qui a néanmoins lancé un appel à souscription, doit être achevé en juin. D’ici là les positions auront peut-être évolué.

Pierre-Henri ALLAIN

(1) Centre National de la Cinématographie

(2) Lesbian Gay Bi Trans

Médias : les sondages d'opinion comme technique de domination politique

Devenus en quelques dizaines d’années un outil central dans l’arsenal du journalisme politique et du débat politicien, les sondages ne posent pas seulement des questions (techniques) de méthodologie mais doivent faire l’objet d’une critique politique.

Nécessaire, la critique des sondages d’opinion ne peut pas avoir pour seule cible les sommes astronomiques que l’Élysée (et les partis, y compris de gauche) consacrent chaque année à la commande de sondages. De même, il ne nous suffit pas d’affirmer notre (saine) indifférence aux sondages d’opinion ou d’invoquer leur faible capacité de prévision électorale. Faire la critique politique des sondages c’est mettre en évidence (et en cause) la fonction qu’ils remplissent dans le jeu politique et médiatique actuel.
En effet, les sondages ne sont pas seulement inutiles ou peu fiables. Ils constituent une véritable technique de domination politique qui impose subrepticement une certaine définition de la politique en substituant l’instantanéité et l’apparente impartialité du chiffre au débat politique durant lequel se manifestent des clivages et se forgent les opinions. La politique n’est alors plus conçue comme travail militant visant à populariser et lutter pour un projet de société, mais comme la recherche de formules ou de slogans qui vont coller aux « attentes des Français » (telles qu’elles sont mesurées par les sondages). La soumission aux sondages d’opinion implique ce type d’opportunisme, et l’on a ainsi vu le PS dépenser en juillet 2009 pas moins de 100000 euros pour s’offrir un grand sondage sur « les attentes des citoyens », présenté comme « une parfaite photographie de la société »et dans le but de « refonder le projet socialiste ».
Mais les sondages favorisent également une perception individualiste de la société, celle-ci étant réduite à l’ensemble des individus isolés qui la composent. Une telle conception fait abstraction de la situation concrète dans laquelle vivent ces individus puisqu’on les sépare ainsi de leur existence collective, c’est-à-dire des liens tissés quotidiennement – au travail, sur leur lieu d’habitation, dans leur famille – avec tous ceux qui partagent une même condition sociale. Or, la politique n’est réductible ni au scrutin à bulletin secret, ni encore moins aux réponses, formulées par téléphone, d’un millier d’individus atomisés à des questions préfabriquées.
Les sondages d’opinion produisent en outre des effets directs :
De justification, lorsqu’il s’agit d’entériner l’action du gouvernement. Pensons aux sondages demandant aux enquêtés s’ils sont pour la « modernisation » des services publics, la question imposant la réponse dans la mesure où personne n’est pour des services publics archaïques.
D’imposition, lorsqu’il importe de faire parler « les Français » de ce dont veulent parler les politiciens (identité nationale, burqa, dette publique, etc.), et donc de faire exister telle ou telle « opinion publique » sur tel ou tel « problème social ».
Enfin, les sondages d’opinion autorisent ceux qui s’en proclament les spécialistes à tenir un discours en surplomb – au nom de l’objectivité prétendue des sondages – sur les désirs de la population, les choix des organisations syndicales ou politiques, etc. Cette légitimité des sondeurs et commentateurs à parler « au nom de », légitimité dont personne n’est juge sinon les propriétaires des médias dominants, n’est que l’autre nom d’une dépossession politique. Ils permettent en effet à la classe dirigeante – via les grands médias dont l’indépendance, dans la société capitaliste, n’est qu’un mot d’esprit – de dicter en bonne partie l’ordre du jour politique.


Léo Carvalho

Rectificatif à propos d'un article du Figaro

REGIONALES / NPA VAUCLUSE : Une femme voilée sur la liste anticapitaliste du NPA : Beau geste politique de tolérance de la part du NPA, montrant une ouverture d'esprit face aux Besson, Le Pen et autres Frêche qui sévissent dans le sud de la France. ...Bienvenue à Ilham...

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Déclaration d'Olivier Besancenot________________________________________
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Le Figaro m'a fait tenir des propos caricaturés à propos de la candidature d'Ilham Moussaïd sur nos liste régionales PACA. Le choix du NPA du Vaucluse après un débat sérieux et complexe a été d'inclure sur ses listes féministes anticapitalistes et internationalistes une de ses membres qui estime devoir porter le voile en raison de ses convictions religieuses.

Notre parti accueille des jeunes , chômeurs, précaires, salariés de tous horizons qui se reconnaissent dans ses idéaux. La foi est une question privée qui ne saurait faire obstacle à la participation à notre combat dès lors que les fondamentaux laïcs, féministes et anticapitalistes de notre parti sont sincèrement partagés.

J'ai donc simplement dit au Figaro« Ilham est la preuve qu'on peut être au NPA et porter le voile ».

Le NPA est un parti qui lutte contre toute forme d'oppression et d'exclusion. Un débat sur l'émancipation et la place de la religion- et toutes ses formes d'expression- existe au sein du NPA dans la perspective de son prochain congrès.

Le 3 février 2010.

Nous avons besoin de lieux pour habiter le monde

La Coordination des Intermittents et Précaires doit être relogée

À l’été 2003, le mouvement des intermittents et précaires s’opposait massivement à une restructuration de l’assurance-chômage instaurant un principe de capitalisation individuelle des droits sociaux. Profondément excluante et inégalitaire, cette contre-réforme visait à détruire le principe de mutualisation des ressources qui, à travers les annexes 8 et 10 de l’UNEDIC, caractérisait jusque-là l’intermittence.

Les intermittents et précaires font grève dans de nombreux festivals (notamment à Avignon), manifestent, s’invitent sur le plateau du JT de France 2, occupent des ministères, le Medef, l’Unedic... C’est dans ce contexte que le 14 quai de Charente est obtenu de la Mairie de Paris en novembre 2003. Dans le prolongement de ce refus initial de l’individualisation et de la concurrence de tous contre tous, cet espace est devenu par la force des choses un point d’appui pour diverses formes d’action, de pensée, d’accueil, de fabrication, un lieu de lutte et de convivialité, hors du circuit marchand.

Il abrite des permanences sociales d’information et de défense des droits auxquelles se sont adressés pour l’heure plus de 3000 intermittents, chômeurs et précaires. Autant de pratiques d’entraide à partir desquelles s’engagent des initiatives collectives face aux institutions (CAF, Pôle emploi) et aux employeurs. Dans un contexte d’insécurité sociale croissante, ces permanences permettent de débloquer des centaines de dossiers litigieux, de faire respecter des droits, d’annuler des «  indus  » et des radiations. En lien avec d’autres collectifs, la coordination contribue à une campagne d’actions qui vise à enrayer la machine à précariser que constituent la mise en place de Pôle emploi et l’instauration du RSA.

Depuis trois ans, une Université Ouverte centrée sur l’analyse du néolibéralisme s’y invente, ainsi qu’une recherche collective, à laquelle sont associés des chercheurs, sur les mutations et les enjeux de l’intermittence et de la précarité. Des films y sont conçus et réalisés. Il abrite également une cantine, des cours de sport, une bibliothèque, des concerts, des projections, des lectures... Le prix libre et la gratuité sont de principe. De multiples collectifs s’y réunissent, s’y organisent et s’y côtoient  : travailleurs sociaux, féministes et anti patriarcaux, sur le refus de l’enfermement, contre-culturels, de lutte contre le racisme et les discriminations, de résistance à la criminalisation, antifascistes, compagnies de théâtre, revues, media alternatifs...

Alors que les structures syndicales peinent à prendre en compte les besoins et les aspirations d’un précariat en expansion, ce lieu fait figure, mutadis mutandis, de nouvelle Bourse du travail, une maison des précaires - des étudiants aux sans-papiers - où se créent des formes d’auto-organisation. Ce lieu de coopération sociale, politique, culturelle, est aujourd’hui un creuset d’expériences, de pratiques et de rencontres où des transversalités s’inventent quand tout travaille à établir des séparations.

La Mairie de Paris motive l’expulsion de la coordination par l’aménagement de la ZAC Claude Bernard, au coeur d’un gigantesque projet urbain de 200 hectares qui fait la part belle aux bureaux et aux logements privés et «  intermédiaires  », réservés aux classes moyennes et aisées. Après avoir proposé deux solutions de relogement qui ne permettaient pas le maintien a minima des activités existantes, la Ville de Paris assigne la Coordination au tribunal. À l’instar des chômeurs menacés de radiation dès lors qu’ils osent refuser deux «  offres raisonnables d’emploi  », même dans des conditions dégradées et sous-payées, il faudrait, sous la menace d’une expulsion et de lourdes pénalités financières, se montrer, là aussi, raisonnables et accepter des propositions aussi inadéquates qu’impératives.

Dans cette ville de riches où vivent tant de pauvres, la municipalité finance des projets coûteux et de «  prestige  » tels le 104 rue d’Aubervilliers ou la future Halle Pajol. Mais elle n’aurait ni les moyens ni la place de concéder aux intermittents, aux chômeurs et aux précaires des lieux d’organisation et d’activités ouverts à tous ?
Nous savons qu’il n’en est rien et que c’est affaire de décision politique.

Nous nous opposons à la mise à mort de cette expérience de fabrication et de partage. La coordination des intermittents et précaires ne doit pas être expulsée sans un relogement qui permette le maintien et le développement des activités en cours.


Pour signer la pétition, cliquez ici

Pour voir les autres signataires

\\"Nous

Nous avons besoin de lieux pour habiter le monde, fichier pdf pour impression et diffusion

Menace d’expulsion de la Cip-idf, Delanoé interpellé, la CIP assignée au tribunal

HNS-info soutient la CIP-IDF menacée d’expulsion par la Mairie de Paris

Toile-Libre quai de charente

Coordination des intermittents et précaires d’île de France
14 quai de la Charente, 75019 Paris, m° Corentin Cariou
http://www.cip-idf.org/

Pour soutenir la coordination des intermittents et précaires, envoyez vos chèques à l’ordre de AIP. Une attestation peut vous être fournie sur demande.

Algues vertes : un plan qui ménage les agriculteurs

Concocté par le ministre de l'Agriculture et la secrétaire d'État à l'Écologie, il doit être publié vendredi. En voici les grandes lignes, présentées aujourd'hui en Conseil des ministres.

Comme s'y était engagé le Premier ministre, François Fillon, lors de son déplacement en Bretagne, en août, le gouvernement veut engager la bataille de l'algue verte dès le printemps. Il a entre les mains un rapport interministériel qui sera publié vendredi. Aujourd'hui, les deux ministres concernés, Bruno Le Maire pour l'Agriculture et Chantal Jouanno pour l'Écologie, livreront les grandes lignes du plan en Conseil des ministres.

Au ministère de l'Agriculture, on joue la carte de la confiance dans le monde agricole, ce qui n'est pas une surprise. Fin novembre, les cinq grandes organisations agricoles bretonnes s'étaient engagées à lutter contre « le fléau ». Elles proposaient un plan d'action qui, aujourd'hui, selon un conseiller du ministère, « forme l'ossature du plan de l'État ».

Vingt centres de méthanisation

Sur les bassins versants des baies noyées sous les marées vertes, les agriculteurs s'engagent « à réhabiliter les zones naturelles ». Priorité à l'herbe et non plus au maïs. Limitation drastique des apports d'azote, considérés comme les principaux responsables de la prolifération d'algues.

L'État va définir un cadre réglementaire. Des appels d'offres seront lancés auprès des exploitations agricoles. On en compte 1 900 pour la baie de Saint-Brieuc, 200 en baie de Lannion. « L'État accompagnera financièrement le dispositif », dit-on chez Bruno Le Maire. L'ampleur des financements devrait être précisée vendredi, à Rennes, lors d'un déplacement des deux ministres.

Le plan prévoit de construire une vingtaine de petites unités de méthanisation. À partir des lisiers, fumiers et déchets de culture, ces unités produiront, outre de l'énergie, un engrais naturel, qui remplacera des tonnes d'azote minéral déversées dans les champs.

« Pas de concertation »

Les agriculteurs ont pris l'engagements de déclarer leur consommation de produits azotés et de mesurer les performances des exploitations. Apparaîtront les fermes modèles. Enfin, dans toutes ces zones à excédents structurels (Zes), l'État réaffirme qu'il y sera interdit d'augmenter le cheptel.

Les représentants des agriculteurs, selon le ministère, ont accueilli favorablement ce plan. Pour l'essentiel, c'est le leur. De leur côté, les associations écologistes se plaignaient, hier, de ne pas avoir été écoutées. « Contrairement à ce qui avait été annoncé, le gouvernement va boucler, seul, un plan sans concertation », déplore Gilles Huet, d'Eau et Rivières.

Le volet non agricole reste un peu flou. D'autres sources d'azote devront être maîtrisées : l'habitat, les installations industrielles. Le plan prévoit de développer les techniques de ramassage des algues en mer. D'aider les communes à financer le ramassage et à mettre en place, dès 2010, des plateformes de compostage. Un volet recherche est prévu. Aux scientifiques, l'algue verte n'a pas livré tous ses secrets.

Bernard LE SOLLEU. (Ouest-France - 3 Février 2010)

Services publics du futur

Merci à Philippe Tastet

mardi 2 février 2010

Grippes, accidents et décervelages


C’est non !

Devant la campagne politico-médiatique pour liquider 90 millions de doses de vaccins commandés par Roselyne Bachelot les Français ont eu le même réflexe que lors du référendum sur la Constitution européenne : « S’ils s’y mettent tous, à nous vendre un produit, c’est qu’il n’est pas bon ».

On évalue 0,4 pour 1000 les cas de mortalité dus à la grippe H1N1. D’après le centre gouvernemental « Pandémie grippale » 275 personnes en sont mortes en 2009 dans l’Hexagone (bien moins qu’avec la grippe saisonnière), dont 42 sans autre facteur de risque.

D’après l’INRS, Institut National de Recherche et de Sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles, en 2008 (derniers chiffres connus) 569 Français sont morts par accidents du travail et 425 des suites d’une maladie professionnelle. Total : 994. Plus de trois par jour ouvrable.

Trois reportages quotidiens possibles à la télé. Et des bons, bien télégéniques et chargés d’émotion, bien fort le téléspectateur qui zapperait : la flaque de sang sur les parpaings, le contremaître éploré avec son casque de chantier sur la tête, les collègues en grève de protestation autour du brasero, un voisin qui a entendu un cri, qui n’a rien vu et qui dit que c’est bien triste, les pompiers qui ont emporté le corps dans leur beau camion rouge, le gendarme qui dit qu’une enquête est ouverte pour déterminer les circonstances du drame, la famille en larmes, le tout conclu par une remarque originale du journaliste : « Les collègues du malheureux sont sous le choc et, dans le quartier, c’est la consternation ». Plus 10 points à l’Audimat. Mais cela ne sera pas.

Ah ! Laurence Ferrari, ouvrez le journal télévisé avec, au choix : H1N1, l’autoroute enneigée, H1N1, la rivière qui déborde, H1N1, le tournoi de Roland Garros, H1N1, un bel accident de la route, H1N1, un assassinat, H1N1, un braquage, H1N1, le film qui fait un triomphe… Et quand Sarkozy évoque votre salaire continuez à rester aussi muette que s’il parlait des salariés qui meurent au travail.

Ah ! David Pujadas, bourrez-nous le crâne avec cette pandémie, et tous ces faits divers dont le sociologue Pierre Bourdieu disait qu’ils sont des « faits de diversion ».

Ah ! Jean-Pierre Pernaut, régalez-nous avec vos reportages sur la culture des cornichons lot-et-garonnais, la fabrication des roues de charrettes, l’affinage du fromage d’ânesse et la cuisson des tartes aux blettes, dans des cantons-centres-de-l’univers à l’heure précise où nous attendons que le journal télévisé nous éclaire sur la marche du monde.

Ah ! Ferrari, Pujadas, Pernaut, montrez-nous que vous avez encore 12 points sur votre permis d’informer et opinez du bonnet quand vos confrères traitent les journalistes d’Internet avec la condescendance des chauffards qu’on a installés au volant de l’autobus.

Maxime Vivas

PS. Au fait, juste pour lire un prompteur dans un studio chauffé (et pas du haut d’un échafaudage secoué par le vent), Laurence Ferrari perçoit 70 000 euros par mois (plus primes).

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GRIPPE A : experts douteux et OMS compromise.

Dans le quotidien breton Le Télégramme (1), le docteur Le Flohic constate que seulement 7% de la population s’est fait vacciner contre la grippe A alors que cette proportion devrait atteindre 40% pour faire barrage à une éventuelle épidémie.

Il ajoute : "Des épidémiologistes avaient annoncé [...] un décès pour 10.000 cas [...]. Avec près de 5,5 millions de grippés en France, on devrait avoir 550 morts [...]. A ce jour, on en est à 176 en métropole dont 28 sans facteurs de risques" ; il conclut : "Nous sommes dans une hystérie qui désorganise les hôpitaux, mais aussi les DDASS".

Sur ce même sujet, la revue de l’Association française pour l’information scientifique (AFIS) (2) s’interroge : "la médiatisation très forte, fondée sur l’émotion plus que sur l’information, ne risque-t-elle pas de nuire à la sérénité des décisions ?"

Elle rappelle que le réputé journal britannique The Lancet du 1er août 2009 avait recommandé aux autorités "de s’interroger sur le bien-fondé d’une telle vaccination systématique" ; quant au British Medical Journal du 28 août 2009, il mettait en cause "l’information contradictoire reçue par le grand public, et les propos alarmistes tenus par certains professionnels".

Pour conclure, l’éditorialiste de l’AFIS se prononce - avec raison - pour que les dispositions de santé publique soient mises en place "en gardant en tête que "l’information" fondée sur l’émotion, le sensationnel ou les a priori idéologiques, et largement médiatisée, peut conduire à des décisions non justifiées ou absurdes..."

Des experts douteux

Parmi les experts sollicités par les médias, certains sont suspects de conflit d’intérêts. Ainsi le professeur Jean-François Delfraissy qui s’est exprimé à la fois dans l’hebdomadaire L’Express du 12 novembre 2009 et dans l’émission matinale de France Inter du 19 novembre ; aucun des journalistes ne s’est soucié d’informer qu’il était membre du conseil d’administration de la Fondation Roche, entreprise qui produit le Tamiflu ; ni qu’il était aussi membre du conseil scientifique de la Fondation GlaxoSmithKine (GSK), firme américaine qui commercialise le Pandemrix, un autre vaccin antigrippe A !

Symptomatique : la ministre, Roselyne Bachelot, a refusé de citer les noms de ses "experts" devant les députés !

Ministre de la Santé ou ministre de l’Industrie pharmaceutique ?

En France, près de 800 millions d’euros ont été dépensé pour acheter des vaccins et le programme de vaccination a déjà généré près de 2,5 milliards d’euros de dépenses.

La Confédération générale du travail relève, quant à elle, des faits qu’elle qualifie de "particulièrement troublants".

Elle cite : "non transparence des contrats passés avec les laboratoires pharmaceutiques, prise en charge par l’Etat de toutes les complications liées aux vaccins, prix surévalués pour des produits essentiellement livrés en flacons multidoses dont la fabrication est beaucoup moins onéreuse, refus de prendre en compte à temps la nécessité d’une seule injection".

Elle ajoute : "On évoque aujourd’hui des négociations avec les laboratoires pharmaceutiques pour définir les indemnités à leur verser du fait du renoncement à la livraison de 50 millions de doses. [...] Sanofi-Aventis engrange déjà près de 8 milliards d’euros de profits pour un chiffre d’affaires de 25 milliards d’euros. Belle rentabilité sur un marché dont les ressources proviennent essentiellement de la Sécurité sociale".

"Comment accepter que Sanofi-Aventis engrange de tels bénéfices et prévoit par ailleurs de supprimer dans le même temps 1.300 emplois et de fermer 4 centres de recherche en France ?", interroge-t-elle.

L’OMS sur la sellette

La commission Santé du Conseil de l’Europe a lancé une enquête sur le rôle joué par les laboratoires pharmaceutiques dans la décision de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de décréter la pandémie de grippe A. Pour, Wolfgang Wodarg, médecin épidémiologiste et président de la commission, "un groupe de personnes à l’OMS est associé de manière très étroite à l’industrie pharmaceutique".

Le quotidien danois, Information, affirme, de son côté, avoir obtenu des informations officielles établissant qu’un des experts du groupe stratégique de l’OMS avait reçu 9 millions de dollars de GlaxoSmithKline (GSK) afin de financer son institut.

Plusieurs gouvernements exigent, par ailleurs, que les règles aboutissant à une déclaration de pandémie soient révisées en y intégrant notamment des données concernant l’intensité du virus, le taux d’hospitalisation,...

Jean-Pierre Dubois.

(1) Le Télégramme, 26 décembre 2009, "Grippe A. Le double échec de la vaccination". Propos recueillis par Catherine Le Guen. Des chiffres plus récents (de source il est vrai gouvernementale) annoncent 275 personnes morts en 2009 dont 42 sans autre facteur de risque.

(2) Science et pseudo-sciences, n° 288, octobre-décembre 2009, Editorial.

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Grippes-accidents-et-decervelages-Suivi-de-Un-delire-mediatico-politique-au-profit-des-laboratoires.html

Comment améliorer les droits des travailleurs saisonniers en agriculture ?


Communiqué de presse - Via Campesina

Le Groupe de Travail “travailleurs saisonniers, migrations et agriculture” de la Coordination Européenne Via Campesina s'est réuni les 29 et 30 janvier 2010 à Turin 15 jours après les évènements à Rosarno.

Le groupe de travail constate:

  • que la PAC a favorisé la concentration et l'industrialisation de la production agricole européenne ce qui a entraîné l'appauvrissement et la disparition de nombreux paysan(ne)s et un accroissement de l'exploitation des travailleurs.
  • que les évènements de Rosarno font partie d'une politique migratoire indigne du respect des droits humains, pratique malheureusement répandue dans toute l'Europe et générée par une globalisation des échanges économiques au détriment des populations et d'une juste répartition des bien communs.

La Coordination Européenne Via Campesina revendique:

  • L'établissement d'une aide spécifique aux petites fermes, reconnaissant leur fonction économique, sociale et territoriale.
  • La mise en place, dans le cadre de la Politique Agricole Commune, de la conditionnalité des aides liée au respect de droit du travail.
  • L'interdiction aux États d'aider ou subventionner les exploitants agricoles qui ne respectent pas leurs obligations d'employeurs.
  • La politique agricole commune stipule la création d'un observatoire de surveillance des conditions d'emploi de la main d'œuvre saisonnière.
  • La signature, ratification et application par tous les pays européens de la Convention Internationale sur les travailleurs migrants.
  • La signature, ratification et application par tous les pays européens de la Convention Internationale 184 sur la santé et la sécurité dans l'agriculture de l'Organisation Internationale du Travail.
  • La régularisation des travailleurs et travailleuses agricoles sans papiers

La Coordination Européenne Via Campesina s'engage à soutenir les luttes des travailleurs saisonniers pour améliorer leur statut et leurs conditions de vie et apporte son soutien à la grève des migrants prévue pour le 1er mars 2010.

En Mars prochain, votez pour une gauche anticapitaliste indépendante


Les élections régionales auront lieu dans quelques semaines alors que les conditions de vie de la population se sont gravement détériorées. Les grands groupes industriels et financiers font payer la crise, dont ils sont responsables, au monde du travail, aux milieux populaires. Ces jours-ci, c’est par exemple Total qui annonce 8 milliards d’euros de bénéfices en 2009, et se débarrasse de sa raffinerie de Dunkerque et de ses 780 salariés.

Sous prétexte de plans de sauvetage ou de relance, Sarkozy et son gouvernement ont distribué des dizaines de milliards d’euros aux banques, ainsi qu’aux industriels et aux riches à travers les baisses d’impôts. Maintenant, au nom des déficits qu’ils ont ainsi créés, ils justifient des dizaines de milliers de suppressions de postes dans l'éducation ou dans la santé et préparent de nouvelles attaques contre les retraites.

Sanctionner la droite sans cautionner la gauche

Pour Sarkozy, une victoire électorale validerait sa politique de casse des droits sociaux et démocratiques. Mais cela ne fait pas du parti socialiste un réel opposant à la droite, comme le montrent bien les hésitations et volte-face de Martine Aubry sur les retraites.

Il y a six ans, ayant remporté 20 régions sur 22, le PS déclarait qu’il en ferait des « contre-pouvoirs » face à la droite. Mais il a mis en œuvre lui-même, à la tête des conseils régionaux avec ses alliés du PCF et des Verts, une politique libérale qui subventionne les grandes entreprises et privatise dans les services publics.

Des listes pour tout changer et rien lâcher

Une autre politique est nécessaire, et elle est possible si l’on remet en cause la logique du marché et la mainmise des groupes financiers et industriels sur l’économie. Pour cela, le NPA défendra dans ces élections – comme au sein des conseils régionaux s'il y obtient des élus – des mesures d’urgence sociale, démocratique et écologique.

En stoppant les subventions régionales versées à fonds perdus au patronat et au privé, il est possible de défendre et d'étendre les services publics, notamment dans le domaine de l'enseignement et de la formation professionnelle.

Parce que c'est juste socialement et nécessaire pour l'avenir de la planète, où l’on doit réduire la pollution automobile pour empêcher le changement climatique, il faut développer les transports collectifs et aller vers leur gratuité.

Une véritable politique de gauche implique aussi de soutenir matériellement les salariés en lutte et de réserver les aides économiques à des structures telles que les coopératives ouvrières.

Enfin, les régions pourraient devenir les premiers échelons d'une rupture démocratique, en soumettant leurs grands choix et leurs principales décisions à la population elle-même.

Défendre une politique anticapitaliste ne lâchant rien face à la droite et au Medef, en toute indépendance du parti socialiste, voilà ce que propose le NPA. Tous ensemble pour tout changer !

lundi 1 février 2010

Appel pour des Etats généraux du Service Public



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Le comité national est constitué des organisations suivantes (ordre alphabétique): AITEC ; ANECR ; ATTAC ; CADAC ; Collectif national contre les franchises et pour l’accès aux soins pour tous ; Collectif national droits des femmes ; Confédération Paysanne ; Convergence Nationale des collectifs de défense et développement des SP ; Comité National des Privés d’Emploi CGT ; Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité ; ESS ; Fondation COPERNIC ; FASE ; Fédération des Services Publics (CGT) ; FSU ; Gauche Avenir ; Gauche Unitaire ; Les Alternatifs ; Les Verts ; LDH ; M’PEP, MRC ; NPA ; PCF ; PCOF ; PG ; PS ; République et Socialisme ; Résistance Sociale ; SOLIDAIRES ; Syndicat de la Magistrature ; UDB ; UFAL ; UGFF-CGT ; UNEF ; USP ;

Les personnalités suivantes, qui n’ont pas de responsabilité majeure dans les organisations précitées, en soutiennent activement la démarche (en cours de signatures…)

Pierre Bauby - Jacques Fournier - Didier Gélot - François Gèze - Pascale Gonod - André Grimaldi - Gilles Guglielmi - Bernard Guibert - Michel Husson - Jean Labrousse - Olivier Le Cour Grand Maison - Anicet Le Pors – Frédéric Lebaron - Roger Martelli - Catherine Mills - Bertrand Monthubert - Patrick Mony - Michel Partage - Patrick Pelloux - Jean-Marie Pernot - Henri Sterdyniak - Louis Weber - …

Après les batailles sur l’eau, le rail, l’éducation, la santé… La votation citoyenne en défense de La Poste vient de démontrer à la fois le fort potentiel de résistance et d’attachement aux services publics existant dans la population, l’efficacité de l’unité la plus large et l’importance de mettre ensemble citoyenNEs/usagerEs, personnels et éluEs.

La résistance est indispensable, mais nous ne pouvons nous contenter de défendre un existant que nous voulons transformer, ni nous résigner à le faire dans le cadre d’un choix de société par nature antagonique à l’essence du Service Public. Il nous faut reprendre l’offensive idéologique sur le terrain du Service Public (et pas seulement de tel ou tel SP).

Les politiques néolibérales viennent d’exploser dans une crise économique, sociale et environnementale qui confirme à la fois leur inefficacité, leur coût et l’injustice qu’elles produisent. Nous sommes convaincus que notre époque est celle d’une prise de conscience par les peuples de l’unité de leur destin. Nombre de biens et de services sont appelés à entrer dans le patrimoine commun de l’humanité ce qui appelle une large appropriation sociale et la mise en œuvre de services publics à tous niveaux : local, national, international, mondial. Le XXI° siècle peut et doit être l’ « âge d’or » du service public. En raison de son expérience et de son histoire, la contribution de notre pays pourrait être essentielle dans cet avènement.

Nous proposons donc de nous appuyer sur les mobilisations existantves, et qui gardent leur dynamique propre, les aspirations citoyennes, les comités existants pour ouvrir un débat très large sur les axes suivants POUR des services publics et une fonction publique du 21ème siècle efficaces et démocratiques.

1. Quels champs des services publics à quel niveau ? Quels sont les biens communs dont nous estimons qu’ils justifient un service public ? À quels niveaux ? Quelles caractéristiques communes et quel contenu pour les missions incombant à l’ensemble des services publics pour servir l’intérêt général ? Déconcentration et/ou décentralisation ? Face au désengagement de l’État, au sabordage des services publics nationaux, certains théorisent une régionalisation dans le cadre d’une Europe des régions ? Quel impact de la réforme projetée des Collectivités Territoriales, de la RGPP et de la Réorganisation territoriale de l’état ? Il nous faudra poser le problème des régions, de l’État et de l’Europe. Quel rôle des SP sur l’aménagement du territoire, mais aussi sur les questions environnementales dans l’objectif d’un développement soutenable ? Le service public face à la concurrence ?

2. Quelle démocratie ? Comment associer, au-delà d’un referendum, la population, les personnels et les élus à une gestion démocratique des SP ? La proximité géographique peut-elle faciliter cette gestion démocratique ?. Cela renvoi aussi à une question plus générale de démocratisation de la société, du travail… Cette question soulève aussi celle de l’évaluation des politiques publiques, des services.

3. Quels financements ? On sait que depuis 20 ans il est de bon ton de promettre des baisses d’impôts. On voit aujourd’hui les débats autour de la fiscalité locale, de la fiscalité environnementale. On sait aussi que le résultat est non seulement un affaiblissement des moyens de l’État et des Collectivités Territoriale, mais aussi que la fiscalité est de plus en plus injuste. La caricature finale étant la loi TEPA. Il ne peut y avoir de SP, de politiques publiques, sans péréquations, égalité des tarifs, donc sans réforme profonde de la fiscalité s’appuyant notamment sur un véritable impôt progressif. Quelle part de financement des services réserver aux collectivités publiques et quelle part à l’usagerE ? Quelle autonomie pour les services publics vis-à-vis de la collectivité publique ?

4. QuelLEs agents ? Si l’on considère que le service public s’adresse à des usagerEs et non à des clientEs, si l’on considère que l’agent public met en œuvre l’intérêt général alors le statut de la fonction publique n’est-il pas une pré-condition ? Quelle gestion ? Quelle formation ? Quels recrutements ? Quels niveaux de salaires ?

Nous proposons un processus qui fasse de 2010 une année de débats et de mobilisations citoyennes autour de ces grandes questions, à travers notamment des États Généraux locaux et nationaux, une pétition nationale, une manifestation nationale.

Je ne suis qu'un cri



par Jean Claude Depoil - paysan de l'Allier

Responsable départemental , il est de mon devoir de dénoncer l’infernal vécu de chacun entre nous. La mauvaise saison aidant , le moral des paysans est au plus bas , l’effondrement des cours de nos produits , l’explosion des charges font qu’aujourd’hui , et ce n’est pas moi qui donne ce chiffre , mais plus de 50 pour cent des exploitations seraient condamnées d’ici à trois ans , un chiffre qui prend aux tripes qui donne envie de crier sa révolte , mais la société est elle devenue à ce point aveugle , pour laisser mourir le socle de sa vie?

Combien de paysans me confient leur détresse , leur peur du lendemain , leur appréhension de l’avenir – il y a 10 ans ,jamais nous entendions un paysan réclamer la retraite , aujourd’hui tous les paysans qui passent la cinquantaine ,la réclament , et tous, savent que l’échéance s’éloignent , tous savent qu’ils recevront une misère ,pourtant ,ils la demandent , preuve de leur mal vivre récurant .

La paysannerie commence à vivre une crise historique , du jamais vus encore , une crise ou l’individualisme prend le dessus , peut être est ce un instinct animal de survie, en tous les cas ,il fait des ravages et sert toujours plus, l’intérêt des possédants et des décideurs économiques .Des familles sont ou seront broyées , les échéances bancaires étant devenues plus importantes que la vie même.

Je ne cite plus le nombre de suicides et le nombre encore plus important de tentatives de suicide ,y compris par l’arrêt ou la négligence des soins primordiaux ,dégoutés qu’ils sont de cette vie qu’on leur impose , et que l’on feint d’ignorer , voir de nier.

Dans ces confidences, autour d’un café ou au téléphone, combien m’avouent leur incapacité à honorer tel ou tel échéance ; la famille ,même un peu éloignée prète souvent à la place de la banque absente ou menaçante , cette appréhension aussi du facteur que je devine derrières des phrases anodines comme : « à part des factures » , ou encore « à part des mauvaises nouvelles ». Nous arrivons à un point de non retour , tôt ou tard la colère explosera : sans repères, cela risque d’être terrible pourtant depuis longtemps nous avertissons , sans résultat .

Comment aussi , ne pas entendre nombres de nos élus locaux , je pense aux Maires de nos petites communes , à ceux qui sont les plus conscients ou peut être simplement les plus francs qui crient leur doutes , leur peurs et leurs légitimes craintes de toutes ces dérives administratives et politiques qui vont détruire ce dernier lieu de démocratie locale , et qui sont pour nous, tout simplement nos territoires , notre histoire , nos racines , notre vie.

Nous vivons en ce moment , une campagne électorale , c’est le seul moment ou les partis politiques se rappellent de notre existence et se déchirent à coup de millions d’aides régionales ,dont d’ailleurs nous ne verrons pratiquement rien ou si peu , une fois encore , même si nous n’en avons pas envie cela va nous faire sourire !

Aides, avons-nous dit , oui aides publiques ,dites d’urgence ou Sarkozy , aussi ridicules qu’inutiles,car largement insuffisantes (malgré les annonces mirobolantes ) au point qu’elle apparaissent insultantes au regard de nos pertes annuelles (plus de trente pour cent pour les producteurs de l’Allier ), il est vrai que nous ne sommes pas des banques car il y a longtemps que nous serions remis à niveau : 10 milliards d’€ de débloqué en une semaine cela ne vous paraît pas surdimensionné? De même ,un bouclier fiscal qui épargne 15 milliards d’€ aux plus riches , c’est étonnant ce que l’on peut faire comme cadeaux à ceux qui n’en on pas besoin !

Certes ,il y a ces aides européennes mais qui participent par leur modes d’attribution , à la concentration des moyens de production dans des unités de plus en plus importantes ; politique de subvention qui , sans dire son nom met en place un immense plan de destruction de notre espace rural, ainsi se construit des usines à produire , à des années lumière de la paysannerie , en un mots plus néfastes qu’utiles

Triste tableau me direz-vous , exagéré répondront d’autres , avec des vues politiques concluront d’autres encore , et bien non , c’est simplement notre vie , notre vécu , ce secteur qui donne à manger à tous, est entrain de péricliter , des drames humains s’y déroulent en silence , loin de l’agitation médiatique , et pourtant lourds de conséquence sur la société toute entière . Mais comme le chante si bien Jean Ferrat : « Je ne suis qu’un cri »,encore que.......

PS : rien à voir bien sûr avec ces agri managers du Crédit Agricole ou ces agriculteurs entrepreneurs de Sarko et leur pub aux slogans racoleurs pour venter leur métier « d’agriculteur ».

Source : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article97697

Mettre les morts du sida au placard ?



par Arlindo Constantino

Arlindo Constantino est un ancien militant historique d’Act Up-Paris et fils d'immigrés portugais. Impatient de voir un rebonds dans le militantisme gay et sida, il lance ici un cri du cœur sur un des sujets essentiels de Minorités: la peur communautaire et son alimentation par la pensée universaliste.

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En matière de sida, depuis 4 ou 5 ans maintenant, j’ai la très désagréable impression d’une régression. Pire, d’un retour au début de l’épidémie. Quand les sidéens et les séropos cachaient leur maladie ou quand à la télé, on parlait de son sida avec un masque et une voix déformée pour ne pas être reconnu. C’était une période de honte collective et de déni de la maladie.

Puis en 1989, Act Up-Paris qui a mis des visages sur la maladie. Les fondateurs de l’association avaient compris que le combat contre cette épidémie passait d’abord par la visibilité. Rendre les malades du sida visibles pour mieux combattre politiquement la honte dans laquelle on les cantonnait. La majorité des porteurs du virus étant, nous disait-on, des homosexuels, des toxicomanes, des prostitués, des immigrés bref des minorités, des « gens à problème ».

Plus de vingt ans après, il semble que cette maladie reste un poids, un stigmate qu’il faudrait cacher.

Courant janvier, deux personnes sont mortes du sida. Un chanteur, Mano Solo et un philosophe, référence intellectuelle de l’extrême gauche, très proche du NPA, Daniel Bensaïd. Tous les deux n’ont jamais fait secret de leur sida. Le premier le chantait ouvertement dans certaines de ses chansons et le second participait régulièrement aux marches du 1er décembre. Même si ni l’un ni l’autre n’était engagé de manière formelle dans la lutte contre l’épidémie, ils étaient out, luttant à leur manière contre la maladie.

« Longue maladie »

D’où vient donc le malaise qui entoure encore les personnes mortes du sida?

Dans un communiqué de presse du 12 janvier 2010, Le NPA rend hommage à Daniel Bensaïd et évoque son décès en mentionnant qu’il était « gravement malade depuis plusieurs mois ». Dans la presse, c’est la sempiternelle paraphrase « mort des suites d’une longue maladie » qui est choisie. Dans un autre communiqué (retiré du site de l’association), Act Up-Paris reproche aux médias et au NPA d'avoir écarté la maladie de Daniel Benaïd. Début d’une polémique malsaine.

On accuse Act Up d’avoir empiété sur la vie privée de l'intellectuel décédé, de l’avoir outé. La veuve de l’intellectuel se scandalise dans un courrier du communiqué de l’association, en dénonçant un prétendu coup de pub et enfonce le clou en concluant que le procédé est une « forme de fascisme ». De nombreux messages se scandalisent des méthodes d’Act Up-Paris. Chacun y va de ses commentaires sur le très arrangeant respect de la vie privée, comme sur Rue89. L’argument est courant en France et le débat fait rage depuis de nombreuses années sur des thématiques comme le sida, l’homosexualité ou les dépendances aux drogues. Vie privée / Vie publique?

Le respect de la fameuse et secrète vie privée a deux niveaux. D’un côté, il y a les anonymes, ceux dont l’histoire personnelle n’a pas connu le devant de la scène, et dont évidemment personne ne parle. Pourtant, il en existe des histoires douloureuses et sordides. Ici, une famille qui n’hésite pas à briser le respect de la vie privée pour des histoires d’héritage obscènes. Là, des proches qui publient des annonces nécrologiques dans les journaux sans mentionner la maladie qui a emporté leurs amis.

De l’autre, les personnalités publiques dont la règle exige que les raisons de la mort ne doivent pas être connues. Et pourtant, la séparation entre vie publique et vie privée est aussi fine qu’une feuille de papier de soie japonais. Les personnalités françaises sont spécialistes de ce cloisonnement, jouant dans leur vie quotidienne ou mondaine avec cette limite. Après tout, la loi les protège.

Les médias anglo-saxons n’ont pas eu peur de mentionner la pathologie qui emporté le philosophe ainsi que l’atteste la nécrologie écrite par Gilbert Achcar dans le journal américain Socialist Worker du 13 janvier. Reprise ensuite dans International Viewpoint. Ou encore l’hommage de Tariq Ali, ami de Bensaïd, pour le Guardian.

Bref, cette polémique n’a eu lieu qu’en France et l’on se demande, à notre époque de globalisation de l’info, comment on peut espérer dire les choses simplement en Angleterre et l’interdire de ce côté-ci de la manche. La vie privée est mieux protégée en France, c’est un fait. Mais les personnes dont il est question ici ne font pas partie des « people » de la Ferme des célébrités. Il s’agit de militants, de personnes engagées.

Nouveaux puritains

Le plus stupéfiant dans cette polémique n’est pas tant la réaction des journaux qui se protègent juridiquement face à d’éventuels procès ou d’un parti comme le NPA qui, tout aussi de gauche qu’il est, n’en reste pas moins puritain. Ce qui est choquant, c’est la réaction des associations de lutte contre le sida.

Aides, la principale association de lutte contre le sida n’hésite pas à dire officiellement sur le site de Rue89 qu’elle ne sait pas si Daniel Bensaïd « est décédé ou non de son sida. » Wow!

Pour résumer, ils savaient que l’intellectuel était séropositif, mais se pose encore la question de savoir si le sida est réellement la cause de sa mort. Comme si le sida était complètement déconnecté des graves problèmes de santé dont souffrait Daniel Bensaïd durant les derniers mois de sa vie. Comme si Aides ne sait pas que l’on meurt rarement des causes directes d’un sida aujourd’hui, mais des cancers et autres pathologies qui sont souvent la conséquence d'un système immunitaire affecté de longue date par le VIH. C’est jouer avec les mots. Et l’association n’hésite pas à conclure de manière totalement contradictoire : « Ce que nous apprend cette histoire reste, au bout du compte, que le sida est, encore en 2010, source de polémique. C'est à rattacher à la non-visibilité de la maladie ». Re-wow! Aides rejoint ici ses fondamentaux : lutter contre le sida d’une manière modérée.

L’association dirigée par Bruno Spire n’est pas la seule. Un responsable d’une autre association, par ailleurs cadre dirigeant dans le secteur hospitalier, est pour le coup étrangement « indulgent » avec le sida et, d’après certaines sources de l’association en question, affirme que Mano Solo est décédé suite à plusieurs anévrismes et non pas du sida...

Le sida tue encore, apparemment

Dans le contexte actuel de l’épidémie, on retourne donc des décennies en arrière. Honte, convenance, pudibonderie, secret, déni sont à nouveau les maîtres mots. Même si les séropositifs vont mieux, le sida fait encore des morts, trop de morts. Et je ne peux m’empêcher de relier le lieu commun entendu ici ou là (on ne meurt plus vraiment du sida) avec le niveau soutenu des nouvelles contaminations, notamment chez les gays. Comment ne pas relier ces données de l’épidémie de sida avec la responsabilité de certains dirigeants associatifs sida quand ceux-ci, qui sont en majorité gays, osent en 2010, dénier que le sida est une pathologie avec un taux de morbidité trop important ? Comment ne pas dire qu’en tenant ces discours, ils se rendent complices des futures contaminations ? Maintenant que les traitements fonctionnent plutôt bien, on peut baiser unsafe, c’est ça ??

Mais qui nous parle des effets des traitements? Qui nous parle des complications d’ordre neurologiques, cardiaques, coronaires qui mènent au décès parce que c’est une infection virale ?

Derrière le respect de la douleur des proches et l’impitoyable travail de deuil, les récents décès de Daniel Bensaïd et de Mano Solo rappellent que l’épidémie est dans une dynamique que ne va pas dans le bon sens, que l’épidémie est loin d’être endiguée.

Alors, en effet, le communiqué d’Act Up peut faire mal. Il gêne parce qu’il parle de mort, mais l’association activiste a « l’audace » de rappeler certaines réalités qui devraient pourtant être évidentes. Qu’il vaut mieux laisser la porte du placard ouverte car un jour ou l’autre, quand les historiens seront décidés à analyser l’histoire de l’épidémie et que la pédé-sidacratie aura le courage de ne pas se cacher derrière son petit droit, viendra l’heure des comptes.


Arlindo Constantino